2004: Interlude #7
Je suis resté 2h assis sur la rambarde d'un pont, les lumières de Paris, le faisceau de la tour eiffel au dessus et l'eau noir, qui tourmente, écoutant damien rice en boucle. Je me suis demandé comment cela ferait de tomber là-dedans, si j'aurais les couilles de sauter, si je n'avais pas besoin de retrouver des défis, voire des convictions, en me tenant fermement agrippé à la pierre. J'ai pensé à mon ex aussi, avec qui finalement ça se passait, j'avais juste à y croire un peu plus, on formait un beau couple après tout, même ma mère voyait en lui un gendre idéal, à défaut d'une greluche fécondable au moins il était beau et charmant, un producteur pour le fils pédé ça fait toujours bien aux réunions familiales.
Plus que quelques paumés sur l'île saint Louis, une percu pas loin et cette nausée. Y'avait pas mal de vent, je n'arrivais pas à respirer pourtant, comme ce rêve où je me sens super bien au milieu d'un "trouver charlie" porno, plein de petits minets bel-amis, mais une voix me dit que je suis en danger et tout me semble différent, rien a changé mais les regards semblent fourbes et malveillants. Il faut que j'apprenne à respirer, à dire merde aussi et à sucer une bite, à casser ces putains de schémas acquis qui font que tout est pour moi, que les gens sont là pour brasser de l'air et rendre le temps moins long, que tout ça n'est qu'une valse ridicule et franchement lassante. Je suis un cynique optimiste on m'a dit une fois, je suis vide aussi, comme tout ça, j'y prends un plaisir coupable, cette dérision amusée.
Je me suis fais sucer par un de mes "fuck-buddy" hier soir, au taf, debout, le pantalon de costard sur les genoux, je me doigtais l'anus en faisant des va-et-vient dans sa bouche, il avait mis une casquette bleue et j'ai remarqué l'ange tatoué sur son bras juste quand j'ai joui.
2005: Fin de soldes & I'm a fountain of blood in the shape of a boy.
Je marche, la ville est déserte, je vois sur la rambarde d'un pont de l'île de la cité une paire d'escarpins marron à talons, ils semblent attendre leur propriétaire, posés là l'un à côté de l'autre, comme rangés au fond d'un placard, une paire de souliers abandonnés dans le soleil d'un matin d'août, cela donne un tableau assez mélancolique, Notre Dame en fond, la Seine en contrebas ; je me demande comment ils sont arrivés là ; une balade romantique, Paris de nuit, il fait bon, elle a mal aux pieds, retire ses chaussures et les porte à la main, une brise légère se lève, ils ont passé la soirée dans un grand restaurant, ont bu du champagne aux scintillements de la Tour Eiffel sur l'eau, se sont assis là pour s'embrasser, portés par la situation il lui a dit je t'aime à l'oreille et il s'est mis à pleuvoir, ils ont couru main dans la main pour attraper un taxi sur le Quai de la Tournelle et c'est au niveau du Quai d'Orsay qu'elle a relevé l'absence ; d'autres scénarii me passent par la tête ; le vent est froid, elle rentre chez elle et décide de changer son quotidien en faisant un détour par Notre Dame, quelques couples d'étrangers se tiennent par la main mais la saison touristique touche à sa fin, elle se demande ce qu'elle va manger en rentrant, un couple s'embrasse sur la rambarde du pont où elle se trouve, ils ont l'air tellement heureux, le tonnerre retentit, et la pluie commence à tomber, elle a oublié son parapluie, il faisait tellement beau ce matin, elle se dit qu'elle devrait courir pour s'abriter mais n'arrive pas à bouger, elle voit le couple s'engouffrer dans un taxi, elle a l'impression que la femme lui a souri au moment où sa tête disparaissait dans le véhicule, elle reste là, les cheveux dans les yeux, au milieu de ce pont, elle s'approche du bord, regarde en bas, retire ses mocassins marrons qui lui abiment les pieds, les pose délicatement sur le muret, comme elle fait tous les soirs en rentrant chez elle, se penche en avant ; la rue est déjà déserte, personne n'entendra le bruit de sa chute.
Episode IV, il est 2h30, il m'attend sur mon palier, il est rentré samedi d'Italie, c'était son anniversaire hier, à peine rentré on s'embrasse, on écoute Antony & The Johnsons qu'il adore depuis que je lui ai fait découvrir, je suis content de le voir, je me sens vraiment bien, on se met au lit devant le pilote de Six Feet Under, on est collés l'un à l'autre, il bande comme un taureau, au milieu on se saute dessus, mais j'ai envie qu'il voit cette série, on reprend à la fin de l'épisode, il est face à moi, assis sur ses talons, je suis allongé sur le dos en partie sur lui, les fesses en l'air au niveau de son ventre, il entoure ma taille de ses bras, serre fort comme pour me casser en deux, cambré en avant, mon sexe collé contre son visage, encore cette envie de fusionner, on finit par s'endormir ; je passe l'après-midi dans un état d'extrême fatigue, je n'arrive pas à ouvrir les yeux, la peau hyper sensible, des courbatures partout, je n'arrive même pas à fermer les mains, c'est une douleur sourde mais plaisante et dès qu'il me touche je gémis, j'ai l'impression d'être une énorme zone érogène, je suis en extase, il me réveille en me suçant, il passera la journée à ça, presque sans discontinuer, il m'embrasse partout, me caresse, m'empoigne, essaye d'avaler ma langue, passe ses ongles dans la paume de ma main et sur l'intérieur de mon bras, dans mon dos, je suis comme un chat, je crois que mon corps est en train de tomber amoureux de lui.
2006: Rage.
"La rage du peuple,
Ok, on a la rage, mais c’est pas celle qui fait baver, demande à Fab, la vie claque comme nos semelles sur les pavés, la rage de voir nos buts entravés, de vivre en travers, la rage gravée, depuis bien loin en arrière, la rage, d’avoir grandi trop vite quand des adultes te volent ton enfance, "PAH!" Imagine un mur et un bolide … La rage, car impossible est cette paix tant voulue, la rage de voir autant de CRS armés dans nos rues, la rage de voir ce putain d’monde s’auto-détruire et que ce soit toujours des innocents au centre des tirs. La rage, car c’est l’homme qui a créé chaque mur, s’est barricadé de béton, aurait-il peur de la nature ? La rage car il a oublié qu’il en faisait partie, désharmonie profonde, mais dans quel monde la colombe est partie ? La rage, d’être autant balafrés par les piquants des normes, et puis la rage, ouais la rage d’avoir la rage depuis qu’on est môme !!
Parce qu’on a la rage,
On restera debout quoi qu’il arrive,
La rage d’aller jusqu’au bout et de là où veut bien nous mener la vie.
Parce qu’on a la rage,
On pourra plus se taire ni s’asseoir, dorénavant on se tiendra prêts parce qu’on a la rage, le cœur et la foi.
Parce qu’on a la rage,
On restera debout quoi qu’il arrive.
La rage d’aller jusqu’au bout et d’là où veut bien nous mener la vie
Parce qu’on a la rage,
Rien ne pourra plus nous arrêter, insoumis, sage, marginal, humaniste ou révolté.
La rage parce qu’on choisit rien et qu’on subit tout le temps, et vu que leurs choix sont bancals et ben tout équilibre fout le camp. La rage, car l’irréparable s’entasse depuis un bout de temps, la rage, car qu’est-ce qu’on attend pour se mettre debout et foutre le boucan, la rage, c’est tout ce qu’ils nous laissent, t’façons, tout ce qui nous reste, la rage, car combien des nôtres finiront par retourner leur veste. La rage, de vivre, et de vivre l’instant présent, de choisir son futur, libre et sans leur grille d’oppression. La rage, car c’est la merde et que ce monde y adhère, et parce que tous leurs champs OGM stérilisent la terre, la rage, pour qu’un jour l’engrenage soit brisé, la rage, car trop lisent « vérité » sur leur écran télévisé. La rage, car ce monde ne nous correspond pas, nous nourrissent de faux rêves pour placer leurs remparts, la rage, car ce monde ne nous correspond pas, où Babylone s’engraisse pendant qu’on crève en bas.
La rage, d’y croire et de faire en sorte que ça bouge, la rage, d’un Chirac, d’un Sharon, d’un Tony Blair ou d’un Bush. La rage, car ce monde voit rouge, mais de grisaille s’entoure, et parce qu’ils n’entendent jamais les cris lorsque le sang coule, la rage, car c’est le pire que nous frôlons, la rage, car l’occident n’a toujours pas ôté sa tenue de colon, la rage, car le mal tape sans cesse trop, et que ne sont plus mis au goût du jour tant de grands savoirs ancestraux. La rage trop de mensonges et de secrets gardés, l’élite de nos états riches de vérités pouvant changer l’humanité, la rage, car ils ne veulent pas que ça change, hein ? préférant garder leur pouvoir et nous manipuler comme leurs engins, la rage, car on croit aux anges et qu’on a choisi de marcher avec eux, la rage parce que mes propos dérangent, Vois aux quatre coins du globe la rage du peuple en ébullition, la rage, ouais la rage, ou l’essence de la révolution.
Anti-capitaliste, altermondialiste, ou toi qui cherche la vérité sur ce monde, la résistance de demain, inch allah, à la veille d’une révolution mondiale et spirituelle, la rage du peuple, la rabia del pueblo, parce qu’on a la rage, celle qui fera trembler tes normes, parce qu’on a la rage, la rage a pris la populace, et la rage est énorme."
2007: Sowing the seeds of love ou L'insécurité des jolis garçons.
Cette nuit quelqu'un m'a fait une déclaration d'amour, au téléphone, et que du coup c'est pour cela qu'on ne se voyait plus, en gros, j'ai l'impression que ça résume assez bien ma vie amoureuse, ce n'est pas le premier à me dire que l'on "devrait sortir la relation du lit", c'est d'ailleurs le deuxième cet été, ils ont peur que je ne "m'intéresse qu'à leur cul", on va appeler ça l'insécurité des jolis garçons, pour moi baiser c'est dire "je t'aime bien", qui a dit que c'était plus facile pour les pédés ? Je n'ai toujours pas fait mon Visa pour l'Inde, j'ai du mal à me réveiller vu que je ne dors pas la nuit, je lis, je rêve d'Islande (oui j'ai une capacité de focalisation assez réduite), je rêve d'enfin avoir les couilles de tout envoyer balader, d'aller vivre ailleurs, où les gens sont moins con, ou du moins se prennent moins au sérieux, je suis devenu quelqu'un de triste. J'ai fais un blog pour l'Inde aussi, un carnet de voyage (je me suis vraiment fait chier en juillet), vous me direz ce que vous en pensez. J'ai découvert que l'Atarax qu'on m'avait filé pour mon rhume des foins est super mélangé à de l'alcool, pour se shooter la gueule, je vole en chantant Sowing The Seeds Of Love des Tears For Fears ou Sympathy For The Devil des Rolling Stones, et quelques Arcade Fire, putain donnez moi du Vicodin ou des Xanax, vive la drogue.
2008: Kebabit.
Depuis un mois:
J'ai participé à des soirées improbables où j'ai fait des choses avec des gens. Quelques hétéros m'ont roulé des pelles et tripoté la bite, les gens du spectacle si vous saviez. J'ai aussi pleins d'infos internes plus rocambolesques que les scénars de la série, je me demande comment tout ça tient encore debout...
(Forcement c'est moins marrant quand on ne peut pas raconter)
Je suis parti en Finlande 10 jours avec des potes, c'était vraiment cool, beaucoup de lacs, de forêts, d'hôtels 4*, et de design (les photos là) Mes premières vacances d'adultes (comprendre hôtels et restos chères), ça fait bizarre, surtout quand tu reviens dans ton appart pourri après avoir dormi au dernier étage du Radisson d'Helsinki avec une baie vitré sur le port.
Cette semaine:
Je me suis cassé une dent ; je n'ai rien à foutre au boulot donc j'ai juste envie de me foutre par la fenêtre ; un sublime comédien qui devait jouer dans la série et avec qui j'ai sympathisé ne ferra pas le rôle finalement (mais on le verra dans La Belle Personne de Christophe Honoré à la rentrée) ; j'ai arrêté le pain et la charcuterie ; j'ai envie de tomber amoureux ; ce soir je bois.
2009: Self-conscious apricot.
Ce qui est chiant quand on sort avec un actif, c'est qu'il est actif, même à 21 ans il est difficile de convaincre un garçon qui n'aime pas vraiment ça, ça fait parti du plaisir i guess, mais la frustration prend vite le dessus, et les conneries de la vie ne se dissolvent plus dans le foutre.
Je passe un mois d'aout exécrable, cette sensation de perdre mon temps, et de ne pas savoir quoi en faire, je n'ai même pas envie de fuir, enfin si, mais nulle part, je reste là à essayer de me fondre dans mes murs, et le pire est ce sentiment de culpabilité qui m'envahit, qui m'empêche de dormir, de réfléchir, de rêvasser, d'être. J'ai envie de me plonger dans un projet pour oublier le rien, je pense à ma futur coloc, en espérant que le changement de décors me donnera des envies, des envies de sport, d'amour, de déco, de voyage, de livre. J'ai l'impression que le destin s'amuse avec moi, j'ai envie de retrouver la sérénité que j'ai éprouvé en rentrant d'Inde, cette impression d'avoir fait un choix, un an de sociabilité a balayé tout ça, m'a remis au point de départ, au point où tout est agression, retour dans le jeux, alors que j'en étais devenu un spectateur, ou c'est comme cela que j'aime m'en souvenir, tout signe d'une possible réussite me semble comme un coup de poing, chaque personne qui place le moindre espoir ou confiance en moi me donne des sueurs froides, j'ai envie de me rouler en boule et de disparaître, j'ai envie que tout le monde m'oublie que je puisse m'oublier aussi, oublier mon corps et mon sexe, oublier que je suis là, me retrouver sans moi, j'ai envie de ne plus avoir ce besoin du miroir que sont les gens, chercher à savoir qui on est, parce que le noyaux n'est qu'un caillou, et savoir qu'ils s'en rendront compte tôt ou tard.
J'ai l'impression d'être un poisson rouge, de ne rien apprendre, de juste tourner en rond, de toujours revenir aux mêmes choses, de mettre tellement remis en question que les réponses sont devenues incongrues, s'en est comique... Hop, je reboote. Alors, rouge ou verte la cuisine ?
2010: Blog Thérapie.
Pendant que la Russie brûle le Pakistan se noie, et la France s'étouffe en regoûtant à ses pastilles Vichy son passé vichyste. Je suis dans le jardin, j'absorbe les rayons du soleil, Arcade Fire chante les banlieues, au loin quelqu'un scie du bois, je regarde les libellules, je me demande pourquoi je ne vois que les aspérités quand tout est doux autour. il a mis en moi comme un poison que je dois évacuer, une sensation amer, qui sert la gorge, et noue l'estomac, jamais longtemps, juste quand j'y pense, je ne dois pas le laisser s'étendre, grandir, je dois le laisser sortir, respirer un grand coup, regarder autour de moi, en refusant de voir j'ai arrêté de regarder, les petites choses, j'ai mangé une partie des problèmes de quelqu'un d'autre, de ses angoisses, le voir disparaître en étant impuissant.
Cette moitié d'année n'a pas été heureuse, même si j'en garde de bons souvenirs, bizarrement, j'étais bien dans mon déni, heureux dans la comparaison, comme se dire qu'on a de la chance quand on voit le bagage des autres, sans se rendre compte qu'on a les pieds dans la vase, tout cela est recouvert d'un voile noir désormais, j'ai retrouvé ma liberté, ne plus se sentir drainé par des gens qui se noient, retrouver un peu de légèreté.
J'ai été confronté à 3 personnes radicalement différentes pendant cette histoire, quelqu'un de cool et posé, qui en connaissait suffisamment sur moi par ce blog pour savoir comment feindre des intérêts communs, savoir quoi me dire. Dés mon arrivé dans la maison, tout a changé, littéralement, au moment où j'ai posé mon dernier carton et que la porte s'est refermé derrière moi, il est passé de quelqu'un d'enjoué plein d'envies et de projets, à quelqu'un de taciturne, qui dénigre chacune de mes idées mais ne propose jamais rien, je me suis retrouvé seul à essayer d'améliorer les choses, l'état de la maison, à m'investir, donner du positif, en ayant en retour que du dénigrement, rien de bien précis, plein de détails qui pris séparément n'ont pas de porté, mais qui ensembles rendent l'atmosphère toxique, vers la fin je ne pouvais le croiser sans avoir des haut-le-coeur, je me disais que cela venait de moi, que je devrais prendre du recule, le voyage en Chine avait cette fonction. Je savais déjà qu'il passait son temps à me vomir dessus dans mon dos, à monter en épingle des détails pour me faire passer pour un connard, il me disait par e.mail qu'on réglerait les problèmes et que tout allait bien alors qu'il avait déjà pris la décision de me virer et attendait juste le moment le plus détestable pour le faire, j'essayais de mon coté de juste ne pas me noyer dans leurs histoires, son couple, prendre mes distances, essayer d'avoir les idées claires, fuir son besoin de contrôler et descendre les autres pour se sentir bien. Donc ce voyage, et cet e.mail qui me disait que je devais "virer de chez lui", sans discussion ou explication, comme si j'étais la source de tout ses problèmes, comme il l'avait fait avec son ancien coloc, et le ferra quelques semaines plus tard avec son mec. Il plaisantait souvent en disant que la chambre que j'occupais rendait les gens froid et distant, il n'a jamais vu que le dénominateur commun à toutes ces histoires c'est lui, qu'il cherche à détruire les gens pour se sentir exister. Il a donc commencé à me harceler pendant mon voyage, me disant qu'il allait jeter mes affaires pendant que je n'étais pas là, pendant que j'essayais de discuter il montait les gens contre moi, cherchant à me pourrir la vie, essayant de retourner la situation, me reprochant ce que lui me faisait subir, et jouant les victimes de l'autre coté, comme il le fait tout le temps. Moi j'étais sur la Grande Muraille, et je trouvais tout cela ridicule. Il a continué à mon retour, en jouant sur le fait qu'il avait encore ma caution, cherchant à me faire peur, me pousser à bout, me donner l'impression que tout venait de moi, je n'ai jamais été confronté à un tel plaisir à aggraver une situation, une vraie jouissance à essayer de nuir. J'ai eu des poussées amères par moment, l'impression qu'il s'en tirait trop facilement, un sentiment d'injustice, pas que pour moi, qui m'ont poussé à écrire ce post (lien), petite vengeance mesquine, qui était nécessaire mais dont je ne suis pas fier pour autant, même si tout est vrai. Je sais qu'il a perdu beaucoup plus que moi. J'ai mis tout cela derrière moi, et le fait d'en reparler avec quelqu'un a tout fait remonter à la surface, j'ai eu besoin de m'en laver, quoi de mieux qu'un blog pour le faire. Il va certainement chercher à se venger, je pense sérieusement qu'il est machiavélique et dangereux, écrire ici exorcise le peu d'angoisse que cela pourrait me donner, je refuse d'avoir peur.
Le soleil se cache derrière les arbres maintenant, il a rougit ma peau, Damon Albarn parle d'un empire de fourmis, je me sens repu, plein de chaleur, léger, le chapitre est clos.
samedi, août 20, 2011
Aoûts.
dimanche, juillet 17, 2011
Juillets.
2004: It's just what I'm going through, this is nothing new, no no just another phase of finding what I really need, is what makes me bleed.
Longtemps que ma vie sexuelle n'avait pas été aussi enrichissante, oui enrichissante car elle me rappelle le plaisir que cela fait d'aimer, quelqu'un, même pour une nuit, de se sentir vivre à travers l'autre, lui donner son dernier souffle, de jouir ensemble en se regardant dans les yeux, voir dans ce regard la peur et la dévotion, l'offre de soi, une intensité haletante, de se retenir jusqu'au dernier hoquet de compréhension et finir en sueur sans un mot, le bruit des draps froissés, la respiration saccadée, rassasié. Fermer les yeux et désirer ne jamais sortir de ce moment de contentement, de plaisir, de vie.
Mais déjà la réalité, cette certitude de ne pas revoir l'autre, de ne pas vouloir ou plutôt de savoir que l'habitude prendra le dessus (ma lâcheté ?), même si je suis sincère en disant au revoir, que j'y crois vraiment à ce moment là, au moins quelques instants.
J'aimerais m'enfermer dans un cocon et ne jamais en ressortir, avoir l'impression de mourir à chaque seconde, de manquer d'air tellement... J'ai pris un couteau et me suis ouvert la main, j'ai regardé le sang, je veux que ma vie ait cette couleur là.
2005: There’s still a little bit of your taste, in my mouth.
Rendez-vous au pied du Pot à 20h, non, 20h30, non, 21h, il arrive, il est grand, il est beau, habillé tout en bleu, une jolie barbe qui se révèlera étrangement douce, des yeux rieurs, un petit nez, on prend une bière, on discute voyages et expos, il est tout mignon du haut de ses 21 ans, un petit breton brun aux yeux verts, il a oublié son portefeuille chez une amie, on marche jusqu'aux Invalides pour le récupérer, on dîne, il est vraiment mignon, on rentre, on se pose, il veut voir mes albums photos de voyages, détaille mon appart, on discute en buvant de la vodka/rhum/jus d'orange (dans le désordre), on fait l'amour toute la nuit, on reste collés malgré la chaleur, on essaye de fusionner, on joue avec nos tic-tac, toute la journée sur les draps, les fesses à l'air, il me tient la main, me serre fort contre lui, je suis bien, un peu sur mes gardes, je me prépare pour aller bosser, au milieu d'un silence il me dit nonchalamment qu'il devait voir sa copine cet aprem'. Il est en couple avec une fille, la pièce s'assombrit, je fais l'air de rien, à ce moment-là mon iPod diffuse bien à propos Candy Says de Lou Reed* interprété par Antony & The Johnsons, 'I’m gonna watch the blue birds fly over my shoulder, I’m gonna watch them pass me by... Maybe when I’m older' / traduction : Je vais regarder les oiseaux bleus voler au-dessus de mon épaule, je vais les regarder me dépasser... Peut-être quand je serai plus vieux, l'oiseau bleu est une allégorie du bonheur, donc en gros le bonheur c'est pas pour maintenant. Il me dit qu'il aimerait qu'on se revoit, veut que je lui fasse découvrir des groupes, des films, il colle son dos contre mon torse, un rayon de soleil perce les nuages et se pose sur nous, il me dit dans un souffle en me regardant dans les yeux on pourrait croire que c'est fait exprès.
2006: Tomate cerise sur anus.
Paris la nuit, sur le sol un slip et une chaussette gisent abandonnés, sur les murs Cindy de la Nouvelle Star balance ! habillée et maquillée comme une pute en solde, on mange des fraises après l'amour, l'un 23, l'autre 22, yeux bleus, yeux noisettes, la peau douce, lèvres dessinées, petit nez, beaux, il parle de théâtre, l'autre d'art contemporain, la moitié du périmètre d'un cercle, une figure de patinage artistique, mais ce n'était pas la même nuit, la journée il fait trop chaud de toutes façons, on boit du champagne pour fêter, fêter quoi, fêter le fait d'être là, on fait des tournois de baby-foot, sur les quais on regarde passer les bateaux pour touristes aux noms ridicules en prenant des poses de tableau, j'ai choisi La Jeune Fille à la Perle de Vermeer, je crois que c'est un escargot pirate, la pelouse est brûlée, les chiens courent partout, je regarde des photos de tribus africaines disparues, je suis avec d'autres gens, les mêmes souvent, on partage l'ivresse, sur le chemin du retour Descartes et moi refaisons le monde, il fait doux, je traîne, c'est là que j'ai vu la chaussette, avant d'aller me coucher ou de rédiger des pages [Wikipedia] ou d'en compléter [d'autres], regarder voler les flocons de pop-corn, ou avant, ou après, je ne sais plus quand je suis devenu potentiellement un amant plutôt qu'un mari, il faudra que tu me parle de tes voyages. Oui, il faudra. Bons anniversaires mes princesses.
2007: Like pillows.
"I was thinking about this a minute ago in the other room. How last weekend I slept with two bearded guys. One of them fucked me while the other guy blew me, I guess. They kept calling me 'that'. One would ask, 'What does that taste like ?' and 'What's the temperature inside that ?' and the other would say, 'Really great', or whatever. It made me feel weird. It made me realize I'm importante to certain people. I don't have to do anything. Being pretty or young or whatever's enough. Sometimes... I wish I could just sort of temporarily die. Guys could move me around, whatever. I wouldn't have a first name, just a surface. Like pillows. They don't have individual names. They don't mean anything, but people sleep with them.
2008: Meuh.
Je bosse, je bosse, et je bosse. On m'en demande de plus en plus, jusqu'ici tout va bien (sauf si je suis viré demain) Je me suis fait une pote, mais genre une vraie pote, avec qui on raconte que de la merde, ça me permet de ne pas péter les plombs. Et puis j'ai vaguement décidé d'avoir un avenir, finalement, de monter si possible, me prendre un peu au sérieux, de gagner comme mes boss, genre 2-3 fois plus que moi, ça motive d'un coup.
Je vais en Finlande en aout finalement. J'ai acheté une housse de couette Habitat à 120€. Je mange des fast-pâtes de chez Viagio. J'écoute le dernier N.E.R.D et The Last Shadow Puppets. Je bois des bières chez Jeannette. Je prends le RER A. Je lis Non-Fiction de Chuck Palahniuk. Je ne baise plus.
Littérairement parlant, ma vie est pathétique.
2009: Fock the People, ou Hors Sujet.
On-screen, Wayne is cutting off the boy’s fingers with pliers. Dean has one fist in the boy’s butt, the other hand around the boy’s throat, and he’s sucking the boy’s limp cock like they’re in love. The boy screams or at least his mouth is wide open.
J’ai l’impression que ma vie n’est que quelque chose que je me force a faire, parce qu’on a pas le choix, j’ai envie que tout le monde m’aime et c’est épuisant, j’ai tellement envie de m’en foutre, cette nuit j’ai lu un passage du nouveau roman de Dennis Cooper : Ugly Man donné par une copine de la maison d’édition, j’avais plus internet, en écoutant The Ting Tings au casque parce que je suis amoureux du brun dans la pub Vivelle Dop, et j’ai eu envie de cette liberté, je suis obsédé par l’adolescence, le désintérêt, comme un personnage de film de Larry Clark en plus beau, si j’avais des couilles je serais tueur en série, j’utiliserai mon sexe comme un poignard, j’aime les garçons minces et trop mignon pour être réellement intéressant, ceux qui sourient avec les yeux pour pas s’écrouler, j’ai l’impression de passer mon temps à sourire, et ça m’épuise, j’en ai marre de m’excuser d’être là, toujours marcher sur des œufs, les gens aiment bien me dire ce qui les dérangent chez moi dés que je sors du cadre qu’il m’ont attribué, je suis tellement lisse que j’en devient transparent, je pense que c’est pour ça que je plais aux gamins, ils peuvent projeter ce qu’ils veulent, je me cache dans mon lit, rester seul, je me force à faire les choses en me disant que c’est en faisant que je deviendrai normal, partir en voyage c’est comme mourir à chaque fois, je suis pas vraiment moi, et c’est facile de mimer le touriste, je sais même plus si j’aime vraiment ça ou je le fais pour ne pas n’avoir plus rien, j’ai envie de fumer jusqu’à avoir l’impression de bruler de l’intérieur, je déteste cette vie que j’ai devant moi, je ne veux pas avoir peur de ne pas rebosser pour tf1, et j’ai plein de thune dont j’ai rien à foutre parce que je suis incapable de la dépenser, je sais pas pourquoi je m’empêche d’être un connard, j’aime pas être un gentil.
2010: Empire of the Sun
J'ai passé 2 semaines seul, chez mon père, coupé du monde, à manger des sorbets aux fruits rouges et du comté, écouter Empire of the Sun, regarder la fin de la coupe du monde, la saison 8 de 24, la 3 de Gossip Girl, ou l'orage, me retrouver un peu seul, ça faisait un bail. Mes travaux sont presque finis, ça a pris plus de temps que prévu, ne pouvant squatter dans l'immense et superbe appart de meilleure amie qu'une fois tout les 15 jours, pour 1 semaine à chaque fois, mais je touche au but. Et bizarrement, j'aime assez ça, descendre des gravats, faire de l'enduis, poncer, monter des meubles de cuisine Ikéa, tout ça, j'aime surtout l'état dans lequel je suis en rentrant le soir, fourbu et content de moi, rien de tel que le travail physique, de quoi se plaignent les ouvriers franchement. Je pense pouvoir terminer pour la fin de la semaine, je passe à la peinture mardi, de toute façon je n'ai pas le choix, je n'ai nulle part où squatter après, je suis confiant. J'attends toujours mon nouvel iPhone, j'ai envie de bleu canard/turquoise, j'ai arrêté de télécharger à tout va, je regarde les épisodes de séries sur Hulu.com ou directement sur les sites des chaines américaines avec un VPN, j'ai revu Cherry Lips (mois d'août 2009) pour une folle nuit, globalement je suis plutôt heureux de mon mois de juillet.
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