lundi, février 20, 2017

La Possibilité d'une Île.


 Tu sens qu'il n'y a pas beaucoup de débouché économique au Cambodge, les gars te hurlent "tuk-tuk !" dés que tu pointes ton nez dehors, les uns après les autres, à chaque coin de rue, par dizaine, même si ils te voient dire non au précédent, parfois même pendant que tu évites les voitures en traversant la route, ils t'interpellent avec insistance. Quand je suis arrivé à Sihanoukville une dizaine étaient pressés devant les portes du bus, me demandant où j'allais, quand j'ai demandé le prix on m'a dit "10$", et plus je m'éloignais plus le prix baissait, j'avais beau leur dire que j'allais manger un truc dans le coin et voir après (ce que je fais toujours quand je ne connais pas le prix d'une course), 2 d'entre eux ont continué à se marchander entre eux, baissant de 1$ à chaque pas, et j'ai fini par dire oui à 3$, en motorbike, pour faire les 6 kilomètres jusqu'au Wish You Were Here, tellement je trouvais ça dérisoire comme prix. Je n'ai pas trop aimé cette Guesthouse, j'aurai pu trouver l'ambiance sympa mais je ne sais pas, je n'ai eu envie de parler à personne, et 8$ pour un matelas au sol en dortoir, juste au dessus du bar bruyant, c'est abusé, maudits hippies.


J'ai pris un bateau pour Koh Ta Kiev, dès le lendemain, je voulais aller à Kactus, mais ils étaient complet, alors je me suis retrouvé à Crusoe Island, bateau gratuit avec un flyer trouvé chez WYWH, 6$50 le lit en dortoir, avec vue sur l'eau et la jungle depuis l'ouverture circulaire, au premier étage d'une hutte ronde en paille, le bruit des vagues pour s'endormir, l'électricité que de 18 à 22h, pas de wifi et une mauvaise réception mobile/3G (paraît que Smart passe mieux que Metfone, bien sur j'ai la deuxième), les douches se font au baquet avec l'eau glacée du puit qui pue, la bouffe est 2x trop chère mais je reste bien en dessous de mon budget, c'est calme et loin, ce qui est parfait. Le premier jour j'ai finis Girls de Emma Cline, sur lequel je trainais depuis le début du voyage, sympa mais anecdotique j'ai envie de dire, le lendemain j'ai voulu continuer Life of Pie mais c'est vraiment trop chiant, alors j'ai repris La Possibilité d'une île de Houellebecq qui est globalement un ramassis de misogynie, culte de l'argent, petits règlements de comptes mesquins de l'auteur, soft porn vulgaire pour quinquagénaires, et science fiction basique, même pas bien écrit, c'est globalement ce que j'avais pensé des Particules Élémentaires aussi je crois me souvenir, c'est quand même une sacrée arnaque ce mec, si je dois comparer je trouve que Despentes est quand même vachement plus talentueuse.

J'écoute Sampha et Solange, dans mon hamac, je trouve des blowfish morts qui flottent non loin du bord, je fais du snorkeling décevant, je vais déjeuner des gnocchis/lardons chez Kactus, à l'autre bout de l'île, qui est construit avec goût mais un peu trop plein de "poseurs", je me branle quand je suis seul dans le dortoir, je parle un peu à des gens mais rien de passionnant, je mange des marshmallows grillés au feu de camp, je sautille pour éviter les très rares sand flies, j'ai envie du gâteau au chocolat que ma mère me faisait quand j'étais petit, j'ai regardé la fin de Stranger Things, il me restait à partir de l'épisode 5, et j'ai trouvé ça absolument génial, alors que le début m'avait un peu saoulé, définitivement à regarder dans une hutte en bois ouverte sur la jungle seul de nuit, j'ai fini Atlanta aussi (cœur avec les doigts) et j'ai commencé Luke Cage et Ray Donovan S2 (cœur avec la bite), la nuit je nage nu au milieu du plancton, entouré de ces millions de petits points phosphorescents qui s'illuminent et virevoltent quand je remue, je ne me souvenais pas que c'était aussi magique, je me demande ce que je vais faire en mars, je dors.


Sinon, en France, des gens se font sodomiser "accidentellement" avec une matraque par la police, et l'institution préfère défendre cette thèse plutôt que de reconnaître qu'elle a un problème de racisme dans ses rangs, et mettre en place une déradicalisation de ses troupes, qui votent FN à plus de 50%.

mercredi, février 08, 2017

Plastic 100°C.


 Il a plu le premier jour où je suis arrivé à Kampong Cham, les guesthouses donnant sur le fleuve étaient complètes, et la ville semblait limite à l'abandon. J'ai changé de chambre chaque soir, et d'hôtel 3 fois, pour divers raisons. Le temps ne s'est pas amélioré le lendemain, alors j'ai traîné, j'ai trouvé la bouffe dègueulasse au Mékong Crossing, pourtant recommandé par tous les guides, j'y ai mangé le pire pancake de ma vie, que je n'ai pas fini, même le thé était immonde, c'était bien meilleur au Moonriver, où j'ai pris tous mes repas après ça, même si ils sont un peu chère, genre 1-2$ par plat de plus qu'à Kratie. J'ai loué un scooter et suis allé me promener le long du Mékong, jusqu'à la colline du Wat Han Chey, j'ai ensuite été voir les singes des Phnom Pros et Srei, vite fait, et le village de Cheung Kok, avant de rentrer regarder le couché du soleil sur le Bamboo Bridge en buvant une coco.


Je suis allé à Phnom Penh après, en coup de vent, j'ai dormi la première nuit au dortoir du SLA Boutique Hôtel (6€ sur Agoda/8$ sur place), très bien, et la deuxième au Billabong Hostel (6$), j'ai moins aimé, les lits sont trop près les uns des autres, j'ai eu trop chaud, et ça sentait le sang menstruel, par contre ils ont une chouette piscine, en plein centre. J'ai mangé des beignets au pomme chez Tous Les Jours, et j'ai pris un bus vraiment VIP de Sorya (rangées de 3 sièges - 8$75 - 5h) pour Sihanoukville. Ce soir je dors à Otres beach, demain je prends le bateau pour Koh Ta Kiev, où il n'y a pas de WiFi, so long.


Lisez cette interview de Monique Pinçon-Charlot plutôt, c'est beaucoup plus intéressant. " Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations...) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale." ✊️

mercredi, février 01, 2017

Kratie.


 "salut mon poussin en été

tout va bien malgré le froid , une pollution mediatique et atmospherique sans precedent et l epidemie de grippe aviaire et humaine ,, tu as choisi le bon moment

je t embrasse"


C'est un email que j'ai reçu, de mon père, pendant que j'étais malade aux 4000 îles, et ça m'a fait du bien, d'avoir confirmation que j'avais fait le bon choix, en partant de Paris, même si je le sais. Par moment j'ai envie d'être chez moi, alors que je n'ai pas aimé y être à mon retour la dernière fois, j'ai besoin de me remémorer que je suis bien mieux ici, loin. Après le dernier post j'ai arrêté de suivre tous les médias que je like sur Facebook, du Daily Show à Médiapart au Courrier International, histoire d'avoir moins de nouvelles du monde, même de façon ironique, parce qu'il n'y a rien de drôle dans la monté de l'extrême droite un peu partout, et puis ça me sert à quoi de savoir que Trump signe des arrêtées anti-avortement, anti-musulman, ou pour des pipelines sur des terres sacrées indiennes ? Ou que Valls fait la politique de la terre brûlée, quitte à détruire le PS, pour gagner une primaire où il a montré qu'il n'avait aucune idéologie à part dire tout et son contraire pour gagner ? Même si le schadenfreude du PénélopeGate est assez jouissif. Franchement, je m'en bats les couilles, c'est de la pollution médiatique, comme dit mon père, si quelques chose d'important à lieu je serais bien au courant.


Je suis donc au Cambodge, et le nord du pays est en feu, je présume qu'ils préparent les terres pour les prochaines récoltes, du coup c'est un peu enfumé, putain de haze. C'est peut être ce qui me pousse à me moucher constamment, comme à Paris, pourtant lors de mon dernier voyage je n'avais pas eu ce problème pendant pratiquement les 11 mois, sauf au nord Vietnam et en Corée du Sud, là je n'ai pas arrêté depuis le début, même quand il fait chaud et humide.


Je me suis beaucoup reposé devant la télé à Kratie, chez Heng Heng 2, chambre à 7$, avec écran plat et HBO Asie, qui censure la moindre scène de violence ou sexe, en ne passant que des films d'action américains, autant dire qu'ils n'ont plus beaucoup de sens. Je traînais encore mon truc à l'estomac des 4000 îles, avec besoin de dormir tout le temps. Quand j'ai été mieux, je suis allé me balader à vélo (2$) sur la petite île de Koh Trong, en face de la ville, et aussi jusqu'à Chhlong en scooter (5$), en passant par la route en terre le long du fleuve, à travers de très chouettes villages Cham, avec des gamins qui te hurlent hello ! tout les 3 mètres et de jolies maisons en bois sur pilotis, j'ai adoré cette journée, sans doute l'une des meilleures depuis le début de ce voyage. Et sinon j'ai savouré les couchés de soleil splendides sur le Mékong, d'une couleur différente chaque soir, le délicieux amok et crêpes banane/miel ou Nutella chez Tokae, en regardant la cohue du marché, et la douce chaleur de cette fin de janvier, c'est un chouette coin.

jeudi, janvier 26, 2017

Les 4000 îles.


 J'ai pris une chambre au Phonvilay Riverview Guesthouse, 50 000kips (6€/pas de wifi), avec un balcon sur le Mékong et le mur donnant dessus entièrement vitré, c'est la dernière guest avant la route pour les chutes d'eau Somphamit, juste avant le temple. Le pan cake banane/miel est très bon chez NokNoy Restaurant, avec une terrasse juste à côté du "vieux pont français", le reste de la bouffe aussi, sinon y'a Chansamone Restaurant, plus près de mon Guesthouse, sans wifi, c'est un peu moins chère, mais assez banal, même si ils sont adorables. J'ai passé 3 après-midis à la Long Island Guesthouse (sur Don Det, juste à gauche du pont), au bord de la piscine (35 000kips), parce que me baigner dans la soupe de merde de 3 pays ça ne me disait rien, même si finalement l'eau de la douche, bien qu'un peu filtrée, je crois, vient du fleuve aussi ; et les autres dans mon hamac.


Dès la tombée de la nuit, des milliers de petits papillons blancs envahissent les bords du Mékong, ils viennent s'écraser sur les sources artificielles de lumière, tourner en rond sans but dans la chaleur des néons, avant de mourir, comme vous. Je n'ai pas beaucoup bougé, je voulais faire le tour des îles à vélo, malgré le fait que le paysage est complètement sec et un peu monotone, et un tour en bateau, pour essayer d'observer les dauphins de loin, mais j'ai eu la flemme, et un petit cas d'empoisonnement alimentaire/coup de chaud je crois aussi (j'ai passé une soirée à chier de l'eau et me retenir de vomir). Je regarde Vu, le nouveau Zapping, mais sur France2, sur leur page Facebook, je lis les infos sur la primaire de la gauche ou Trump sur les apps du Monde ou de FranceInfo, et je me demande pourquoi je reste aussi connecté. J'ai trouvé le coin sympa, reposant, mais ce n'est pas non plus extraordinaire. J'ai pris un bus pour le Cambodge (176 000kips pour Kratie, inclus le bateau depuis Don Khon), et je n'ai eu aucun problème à cette frontière de l'enfer, si on en crois les commentaires sur internet. Je l'ai passé moi même, sans donner 40$ et mon passeport au gars du bus, j'ai payé les 2$ de corruption pour sortir du pays, les 35$ du visa Cambodgien, j'ai ignoré le contrôle de température, le bus était un vieux VIP de la Sengchaluean Company, le même de Naka Sang à Kratie, on est arrivé avec 1 heure de retard, après 20 minutes d'arrêt pour manger à 7 km de la ville, rien à signaler. Et ça restera un post informatif, pour me souvenir, parce que je n'ai pas trop envie de vous parler.

"I need solitude. I need space. I need air. I need the empty fields round me; and my legs pounding along roads; and sleep; and animal existence."

Virginia Woolf - The Diary of Virginia Woolf


mardi, janvier 17, 2017

Say Something Loving.


 Je ne sais pas ce qui a changé mais les voyages en bus sont pires que la dernière fois, les mini-vans que j'ai pris dans le nord avaient au moins 1 heure de retard et celui entre Vang Vieng et Vientiane n'en était pas un mais un "petit bus" pas super confortable. A partir de Vientiane, ils ont changé les "bus locaux" par des bus catégorie VIP, c'est à dire avec fenêtres sellées et clim, mais par contre ils roulent à 2 à l'heure, et s'arrêtent toutes les 5 minutes, littéralement, dans les bus locaux d'avant il y avait au moins le charme des rideaux au vent, de la vie autour, et surtout ils rattrapaient leurs arrêts en roulant super vite, ce qui n'est pas bien en soit mais est quand même moins relou que de faire 7 heures au lieu de 5 entre Vientiane et Thakhek (340km).


Entre Thakhek et Savannakhet le bus nous a laissé à 40 bornes, à une ville/croisement, où un grand tuk-tuk, après nous avoir fait attendre une demi-heure, nous a emmené en ville, alors que ce bus, parti avec 1 heure de retard, était marqué comme allant là-bas. Ça a été moins galère en repartant pour Pakse, limite pas relou et dans les temps, j'ai même apprécié les premières heures, le nouvel album de The xx I See You a fait clic avec le moment, et quand tu as faim tu as 15 nanas qui débarquent avec des demi-poulets, ce qui est bien sûr super pratique comme encas dans un bus.


Je n'ai pas de chance avec le Laos cette fois-ci, il semble y avoir plus de touristes, la saison marche mieux cette année dans la région visiblement, les Guesthouses sont souvent pleines, la météo est mitigée, et je suis moins sous le charme globalement, la bouffe, les gens, je ne sais pas, c'est pour ça qu'avant je ne revenais pas dans les pays que j'ai déjà visité, il va falloir que je ré-applique cette règle je pense, espacer les visites en tous les cas, et éviter le Laos en fin décembre/janvier. Savannakhet était sympa, sans plus, et je descends demain aux 4000 îles.

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