jeudi, décembre 30, 2004

keskislapète.

        

 28 décembre, 21h15, heure locale, dans l'avion, je viens de checker mon visage dans le miroir des toilettes, peau net, bronzage parfait, légère blondeur dans les cheveux, je me fais un sourire radieux. Je retourne à mon siège, plateau repas, le journal de tf1 d'hier commence, vidéos amateurs montrant le sénario du jour d'après mais dans des pays pauvres, je suis écœuré par leur choix éditorial de ne traiter que des touristes, j'ai regardé iTélé et Euronews en boucle entre deux aller-retour à la plage, 60 milles morts (edit: + de 140 milles, edit bis: + de 260 milles), regarder ces images jusqu'à ce qu'elles deviennent inoffensives, qu'elles ne me déchirent plus les entrailles, comme chaque moment d'histoire vécu devant sa télé, pour le World Trade Center aussi j'avais plein de flashes qui m'assaillaient, les anonymes que j'y ai croisé, j'ai été dans pratiquement tous les pays touchés par ce tsunami, dans ces endroits que j'ai vu ravagés sur l'écran, comme un cauchemar, j'ai vu le visage des gens que j'y ai connu défiler comme des diapos.

Hier à 17h j'ai vécu mon premier tremblement de terre, pas du tout ce que j'avais imaginé, c'est comme un grondement, une énorme vibration, et tout se met à bouger comme au cinéma, d'un seul bloc, comme si quelqu'un bougeait la caméra, 5 sur l'échelle de richter, j'étais allongé sur le sable, ça m'a traversé de bas en haut et j'ai ressenti une joie immense. Ma mère s'est fait tabasser, un soir vers 19 heures, sur la plage, environ 2 mois avant mon arrivée, par un black, clavicule déplacée et multiples hématomes, elle a échappé de peu au viol, mon père et ma mère se sont séparés en mars mais ils restent amis, ma mère est retombée dans l'alcool et m'offre un manteau Kenzo pour noël.

J'ai couché avec un autre Christophe, vendeur d'une grande marque aussi, avec un joli maillot de bain rouge et une cambrure parfaite, ça fait du bien de jouer à l'amour, on a baisé dans le bungalow d'un hôtel abandonné dans le nord de basse-terre, chacun ayant plusieurs angles de vu intéressant grâce aux miroirs disposés sur les murs et laissés en l'état. J'ai écouté This Island du groupe lesbien Le Tigre en boucle dans la voiture, j'ai mangé beaucoup de beurre de cacahouète sur du pain de mie, je dédie la chanson Woman like a man de Damien Rice à Inès (qui était une des ginettes armées dernièrement, j'ai mes sources, suivez les araignées) du bouquin Superstars d'Ann Scott, j'aurais vraiment aimé être une lesbienne, putain comment ça à l'air plus intense, et quand tu dis que les homos s'aiment trop et les lesbiennes pas assez je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose cloche chez moi. J'avais prévu de dormir pendant ce vol, finalement je comate devant des tex avery et n'ai envie de montrer ma marque de maillot à aucun des stewards.

J'ai beaucoup repensé à Greg pendant ce séjour, l'an dernier on s'était torché la tête avec Guito et Joseph au lolo du coin le soir de mon anniversaire, on avait même fini à poil dans la mer, moi avec ma bite dans sa bouche sous les étoiles. En flirtant dans l'eau avec Christophe j'ai repensé à tout ça, j'en ai souvent souris bêtement, je vais peut-être me décider à le rappeler, ne serait-ce que pour avoir des nouvelles, il pouvait être tellement craquant par moment, trop de coke/alcool, la crise du trentenaire-friqué-bobo-parisien. J'ai pris une dizaine de kilos depuis que j'ai arrêté la clope + le fait de nager et faire des abdos tous les jours pendant 1 mois + le bronzage = j'ai grave envie de ressortir mon ego du placard, alors je commence en affichant crânement une photo de mon ventre (j'en profite pour remercier rafnael pour cette sublime ceinture et précise qu'on voit pas trop la marque du maillot, là).

3h20, heure de Paris, je me taperais bien une bonne branlette, juste comme ça, pour dormir, on traverse une zone de turbulences, je repense au chapitre "0." du livre "Glamorama" de B.E.Ellis (page 494), ce chapitre dont parlait bingirl dans un de ses posts dernièrement, j'imagine les gens autour de moi se disloquer, entrer en fusion avec leur siège, qu'il ne reste qu'un amas de chair, comme à Madrid en Mars dernier, leurs souvenirs de vacances éparpillés par une mer déchaînée, l'avion tombant en boule de feu, voir tout ça au ralenti, se dire que c'est son tour, qu'après tout ça ne changerait pas grand chose, globalement 2004 à été une année de merde.


eat me.

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