lundi, août 31, 2015

(Guan) Tanah Merah.


 On s'est sucé la bite assez rapidement finalement. Après 2 bouteilles de bon rosé du sud de la France, au bord de la piscine de 50 mètres, après le tour des bars gay du centre ville, à draguer les équipages de British Airways, après la Orchad Tower, rempli de bars glauques et de putes bourrées, après avoir sauté une dernière fois dans la piscine à 5h du matin. On s'est mis à poils sous la douche, il m'a raconté comment il lisait mon blog quand il avait 17 ans, comment ça l'avait aidé, de lire qu'on pouvait être gay et voyager, qu'on pouvait vouloir autre chose que les clichés qu'on attend de nous, qu'on pouvait être différent. Comment il s'était branlé en lisant mes histoires de cul aussi, plutôt en pensant aux petits mignons qu'à moi mais ce n'est pas grave. On a discuté des heures pendant cette soirée, en rigolant, en se sentant proche alors que oui, lui connaît beaucoup de choses sur moi, mais moi pratiquement rien, sauf qu'il m'a invité à habiter chez lui pendant mon séjour à Singapour, ici un lit en dortoir coûte 30€ la nuit, donc c'est quand même un super cadeau, dans son beau condo du 12ème étage à 2000€ par mois, avec vue sur la vie des voisins, et cette piscine indispensable dans un pays aussi moite et chaud.


Après 2 jours à glander au froid de la clim, à manger des céréales et des yaourts à la fraise, j'ai pris le métro aérien et je suis allé me balader au Bay Garden, dans les Malls de la marina, et surtout dans le colonial district pour le Night Festival, sorte de Nuit Blanche étendue sur 10 jours, j'ai donc visité de nuit le SAM (musée d'art contemporain de Singapour) et le Peranakan Museum (musée sur les premiers immigrants chinois de l'île), et une myriade d'oeuvres éphémères, plus ou moins réussites, dispersées dans le quartier. J'ai acheté 2 t-shirts GAP (45€ avec 10% de remise), que je mets hors budget, comme le maillot de bain à Bali, pour me sentir comme tout le monde. C'est une ville de Malls géants, où le capitalisme est roi, la consommation célébrée en mode de vie, et au milieu des Gucci, Chanel et Vuitton seul GAP semblait abordable. Bon, c'est aussi que je commençais à en avoir marre de porter les même 5 t-shirts. Il va falloir que je laisse des choses ici je crois, comme mon ancien maillot de bain, et mon sarong Manggarai, je me verrais bien revenir au cours de mon voyage, si je suis toujours le bienvenu, ça fait tellement de bien de poser sa valise un peu.

jeudi, août 27, 2015

Laki-laki.


 Je me suis fait plaisir à Ruteng, j'ai acheté un sarong traditionnel Manggarai, comme ceux que portaient les combattants des cérémonies que j'ai vu début août, 30€, après d'âpres négociations, noir avec des petits motifs multicolores, il prend beaucoup trop de place, je pourrais m'en servir comme couverture, mais c'est royalement inutile, donc complètement indispensable.


Ensuite je suis retourné à Labuan Bajo, où j'ai loué un petit bungalow pas trop chère avec une jolie vue sur la baie et le port (220 000 Rps au Gardena), j'ai mangé des carbonaras au Bacon, des cheese burgers, des pizzas, après 15 jours de plats locaux j'avais juste envie de changer, peu importe que ça soit 3 à 4 fois le prix, et que j'ai explosé mon budget. Je savais aussi que j'allais voyager pendant 25h non-stop, de Labuan Bajo sur Flores à Mataram sur Lombok, 25 heures de ferry/bus/bus/ferry/bus, avec une pause dîner à 3h30 du matin (?), un pneu qui éclate, des dauphins et des poissons volants, des gens marrants, et enfin, après 1 bémo (mini-van taxi commun) pendant 2h supplémentaires, je suis arrivé à Kuta Lombok.


C'est beaucoup plus reculé et pauvre que Gili, la plage est brute, avec des chèvres, vaches, buffles, et chiens errants, on y brûle les ordures qui s'amoncellent dans le coin, il y a des bateaux de pêcheurs, et des enfants qui te supplient gentiment de leur acheter des petits bracelets tressés en coton. Ma chambre me coûte 100 000 Rps (6€70) et la bouffe est délicieuse et vraiment pas chère (Enjoy Café) Je glande sur la plage, je lis L'Automne à Pékin de Boris Vian, j'ai quand même super envie de baiser, je n'ai rien fait depuis plus de 20 jours, alors que même si ils sont tout petit il y avait des mecs mignons sur Flores. Ca commence à devenir dur (avec jeu de mot), je n'ai pas envie pour autant de retourner sur Bali plus tôt, même si je sais que ça serra plus simple de trouver là bas.


J'ai passé ma dernière journée à Kuta Bali, un ghetto surfeurs/australiens bourrés, où je me suis acheté un maillot de bain Hurley à 35€, où j'ai mangé un Burger King, et où surtout j'ai revu le couple d'italiens rencontrer en janvier à Mandalay, au Myanmar, pour un petit dîner vraiment chouette. Je me suis aussi rattrapé, en me faisant 2 petits mignons dans la même journée, merci Bali. J'ai quitté l'Indonésie, super voyage, 24€53/jour de moyenne, prochaine étape: Singapour.

jeudi, août 20, 2015

High By The Beach.


 Ils me gonflent tous ces occidentaux qui te disent qu'ils ont passé "2 semaines dans un village reculé où ils n'avaient jamais vu de touriste, c'est plus intense de rencontrer de vrais gens, même si ils ne parlaient pas un mot d'anglais", genre je suis trop roots tu comprends, moi j'ai vécu une expérience unique vraiment vrai, j'ai dormi sur une paillasse dans une cabane comme un vrai pauvre du pays, chez des "locaux". Des gens qui n'iraient pas foutre un orteil dans un camp de Roms à côté de chez eux, mais exultent de fierté et d'autosuffisance parce qu'ils ont dormi dans l'équivalent à l'autre bout du monde, et que "les gens n'ont rien mais ils sont tellement humain", on dirait du Paolo Cuhelo tellement c'est niai. Je me dis toujours que c'est comme quand un américain te raconte qu'il a été dormir dans une ferme dans le Cantal, et que c'était tellement plus vrai et typique que Paris, super. Certains sont même fières d'avoir complètement évité le sublime volcan du coin, ou le site classé au patrimoine mondial, "trop touristique", y'a quand même une raison pour que les lieues touristiques soient visités à la base. Bah oui, fait 12000 kms pour passer 2 semaines avec des cul terreux dont tu ne comprends pas la langue, et avec qui tu échanges des sourires béats en te disant que tu as une vraie connexion humaine, au lieu de voir Angkor Wat ou le Louvre, ça me fait doucement rire. C'est le syndrome "En Terre Inconnue".

Les pauvres à l'autre bout du monde sont tellement plus photogéniques, c'est dingue. C'est tellement plus intéressant que tous ces gens corrompus par les touristes occidentaux, qui se sont éduqués, ont appris l'anglais, et sont venus à la "ville" pour améliorer leur vie. Ca me fait penser à la propagande communiste, il fallait rééduquer les élites en leur faisant faire les travaux de la terre, pour qu'ils redeviennent "vrai", ou beaucoup plus récemment, à boko haram, le groupe terroriste en Afrique de l'est, littéralement "l'éducation occidentale est un péché". Sinon tu peux aussi aller parler au bougnoule migrant gars qui a traversé la moitié du monde et réussi à survivre à l'enfer pour avoir la chance de venir écouter la musique du Wanderlust, il aura sans doute plus de choses "vrais" à te raconter que des gens qui n'ont jamais quitté le kilomètre carré autour de leur village au fin fond de l'Indonésie.

C'est sympa les gens, c'est utiles aussi, et quand je visite un pays j'aime leur parler, ou les prendre en photo aussi, comme un bon touriste, mais j'aime garder une distance respectueuse, dormir a l'hôtel, et ne pas avoir la condescendance de penser que les pauvres d'ici sont juste simplets et innocents. Enfin bon, j'ai fait mon caca, ça va mieux.

lundi, août 17, 2015

Nasi Rendang.


 Je suis resté quelques jours de plus sur Gili Air, j'ai croisé une tortue en faisant du snorkeling, rencontré des gens. Ensuite je suis parti pour Lombok, et surtout pour une croisière de 4 jours jusqu'à l'île de Flores (100€ tout inclus), en passant par le parc national de Komodo. 4 jours sur l'eau, à regarder les levés de lune rouge sur la mer et la Voie Lactée majestueuse, nager au dessus d'une raie manta, attendre les dauphins qui viennent jouer avec le bateau à la nuit tombée, plonger du pont pour rejoindre les plages de sables noir, blanc ou rose, faire du snorkeling de fou et marcher sur les îles Komodo et Rinca, à la recherche des dragons, ou juste regarder l'horizon pendant des heures, en écoutant Arcade Fire et Son Lux, en jouant avec le vent. C'est un vrai bonheur d'être sur l'eau.


Arrivé à Labuan Bajo on a loué une voiture avec chauffeur, avec 3 personnes du bateau, pour faire le tour de Flores. On a été voir des villages en pailles, un sacrifice de buffle, des combats et danses rituels, une plage bleue, on a roulé pendant des heures au milieu des rizières et des forêts de bambou, pendant que je faisais le Dj iPod, monté voir les lacs du Kelimutu dans la brume, fait les marchés, les sources d'eau chaudes à la tombée de la nuit, mangé du nasi rendang tous les midi en apprenant à parler indonésien. Pendant 5 jours, vraiment un super trip (600 000Rps/40€ la voiture/jour), qui s'est terminé à Maumere, avec l'envie que ça continu, même si je suis content de recommencer à voyager seul.


De là je pensais prendre un avion pour Bali, j'ai même failli partir pour Kupang, passer quelques temps sur Timor Ouest, mais la restriction des bagages m'en a dissuadé, une prochaine fois. Finalement, après 2 jours dans un bungalow face à la mer à Wairterang, où j'ai fini The Curious Incident of the Dog in the Night Time de Mark Haddon, commencé sur Gili Air, et binge-lu Animal Farm de George Orwell et La Nostalgie Heureuse d'Amélie Nothomb, je suis reparti dans l'autre sens. D'abord Ende en bus, pour direction Riung, où j'ai été voir le parc national des 17 îles: sable blanc, eau vert turquoise, des chauve-souris géantes, et des milliers de poisons multicolores (je suis accro au snorkeling).


Je poursuis mon chemin en direction de Lombok, pour m'y poser à la plage quelques jours, avant mon avion pour Singapour. Je suis bien crevé à force de me lever à 5h30 pour chopper les bus locaux, mais je kiffe toujours autant.

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