jeudi, décembre 30, 2004

keskislapète.

        

 28 décembre, 21h15, heure locale, dans l'avion, je viens de checker mon visage dans le miroir des toilettes, peau net, bronzage parfait, légère blondeur dans les cheveux, je me fais un sourire radieux. Je retourne à mon siège, plateau repas, le journal de tf1 d'hier commence, vidéos amateurs montrant le sénario du jour d'après mais dans des pays pauvres, je suis écœuré par leur choix éditorial de ne traiter que des touristes, j'ai regardé iTélé et Euronews en boucle entre deux aller-retour à la plage, 60 milles morts (edit: + de 140 milles, edit bis: + de 260 milles), regarder ces images jusqu'à ce qu'elles deviennent inoffensives, qu'elles ne me déchirent plus les entrailles, comme chaque moment d'histoire vécu devant sa télé, pour le World Trade Center aussi j'avais plein de flashes qui m'assaillaient, les anonymes que j'y ai croisé, j'ai été dans pratiquement tous les pays touchés par ce tsunami, dans ces endroits que j'ai vu ravagés sur l'écran, comme un cauchemar, j'ai vu le visage des gens que j'y ai connu défiler comme des diapos.

Hier à 17h j'ai vécu mon premier tremblement de terre, pas du tout ce que j'avais imaginé, c'est comme un grondement, une énorme vibration, et tout se met à bouger comme au cinéma, d'un seul bloc, comme si quelqu'un bougeait la caméra, 5 sur l'échelle de richter, j'étais allongé sur le sable, ça m'a traversé de bas en haut et j'ai ressenti une joie immense. Ma mère s'est fait tabasser, un soir vers 19 heures, sur la plage, environ 2 mois avant mon arrivée, par un black, clavicule déplacée et multiples hématomes, elle a échappé de peu au viol, mon père et ma mère se sont séparés en mars mais ils restent amis, ma mère est retombée dans l'alcool et m'offre un manteau Kenzo pour noël.

J'ai couché avec un autre Christophe, vendeur d'une grande marque aussi, avec un joli maillot de bain rouge et une cambrure parfaite, ça fait du bien de jouer à l'amour, on a baisé dans le bungalow d'un hôtel abandonné dans le nord de basse-terre, chacun ayant plusieurs angles de vu intéressant grâce aux miroirs disposés sur les murs et laissés en l'état. J'ai écouté This Island du groupe lesbien Le Tigre en boucle dans la voiture, j'ai mangé beaucoup de beurre de cacahouète sur du pain de mie, je dédie la chanson Woman like a man de Damien Rice à Inès (qui était une des ginettes armées dernièrement, j'ai mes sources, suivez les araignées) du bouquin Superstars d'Ann Scott, j'aurais vraiment aimé être une lesbienne, putain comment ça à l'air plus intense, et quand tu dis que les homos s'aiment trop et les lesbiennes pas assez je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose cloche chez moi. J'avais prévu de dormir pendant ce vol, finalement je comate devant des tex avery et n'ai envie de montrer ma marque de maillot à aucun des stewards.

J'ai beaucoup repensé à Greg pendant ce séjour, l'an dernier on s'était torché la tête avec Guito et Joseph au lolo du coin le soir de mon anniversaire, on avait même fini à poil dans la mer, moi avec ma bite dans sa bouche sous les étoiles. En flirtant dans l'eau avec Christophe j'ai repensé à tout ça, j'en ai souvent souris bêtement, je vais peut-être me décider à le rappeler, ne serait-ce que pour avoir des nouvelles, il pouvait être tellement craquant par moment, trop de coke/alcool, la crise du trentenaire-friqué-bobo-parisien. J'ai pris une dizaine de kilos depuis que j'ai arrêté la clope + le fait de nager et faire des abdos tous les jours pendant 1 mois + le bronzage = j'ai grave envie de ressortir mon ego du placard, alors je commence en affichant crânement une photo de mon ventre (j'en profite pour remercier rafnael pour cette sublime ceinture et précise qu'on voit pas trop la marque du maillot, là).

3h20, heure de Paris, je me taperais bien une bonne branlette, juste comme ça, pour dormir, on traverse une zone de turbulences, je repense au chapitre "0." du livre "Glamorama" de B.E.Ellis (page 494), ce chapitre dont parlait bingirl dans un de ses posts dernièrement, j'imagine les gens autour de moi se disloquer, entrer en fusion avec leur siège, qu'il ne reste qu'un amas de chair, comme à Madrid en Mars dernier, leurs souvenirs de vacances éparpillés par une mer déchaînée, l'avion tombant en boule de feu, voir tout ça au ralenti, se dire que c'est son tour, qu'après tout ça ne changerait pas grand chose, globalement 2004 à été une année de merde.


eat me.

mardi, novembre 30, 2004

Yeux bleus, cheveux noirs. Je vous aime Madame Marguerite Duras.

 Très sombre pour des yeux bleus, un regard profond, franc, sans détour, presque troublant, christophe est venu chez moi la semaine dernière, le jour de la panne bouygues, il travaille comme vendeur, grands magasins, marque fashion pour d'jeunes, on discute peinard des prix de l'immobilier, y'a plus de saisons, bref, il m'a très vite mis la main entre les jambes, pas farouche, tant mieux, moi non plus, ni l'un ni l'autre ne savons rouler alors on se retrouve à fumer des sticks, il me suce longtemps devant la télé, il aime la bite ça se sent, il aime ma bite, il me le dit, il est vraiment bien foutu, très mignon, il parle trop, j'ai envie de le prendre, il a un petit anus bien serré, je l'humidifie, le masse avec ma langue, y pousse délicatement mon pénis, c'est Cyrano sur l'écran, je trip sur le fait que tous les dialogues sont en rimes, je veux mettre de la musique, il me dit qu'il n'a pas la télé, je laisse le son, je lui jouis dans la bouche, il avale, je reprends une bière éventée sur la table, il me demande si je veux faire un bout de chemin, il n'a pas l'air très équilibré, en manque d'affection, un capricieux, je roule un nouveau bedo. Cette fois-ci c'est lui qui s'assoit sur mon sexe toujours en érection, pas de mal à rentrer, je suis bien là-dedans, bien au chaud je lui dis, on change de position, il gémit, je prends mon temps, j'aime prendre mon temps, il embrasse bien, il est vraiment beau, je n'aime pas qu'on me fixe quand on me lèche les testicules mais il fait ça bien aussi, longuement, méticuleusement, attention elles sont sensibles je lui dis, il ferait un bon fuck buddy, il aime les performances, combien de temps tu peux tenir ? On fait pas mal de pauses, il trempe mon gland dans son verre de rosé, quelques gouttes tombent sur le drap blanc en lin d'Égypte, pas grave c'est un vieux, le froid du vin, la chaleur de sa langue, il en veut encore formule t-il dans un souffle, je suis complètement défoncé, je ne me souviens plus trop où j'ai éjaculé après. Il a voulu me resucer au réveil mais je n'étais pas d'humeur malgré mon "morning glory", il doit partir bosser, ouais-c'est-ça-je-t'appelle, il peut peut-être avoir des prix sur les jeans.



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i'm not a dyke.



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lundi, novembre 29, 2004

mon premier meurtre.

 J'avais 11 ans quand je l'ai connue, j'étais en 6ème et venais de débarquer dans ce bled de bouseux, elle est devenue ma meilleure amie. Au cours des années on est vraiment devenus proches, on faisait tout ensemble, elle habitait non loin de chez mes parents et on utilisait des talkies-walkies pour rester en contact tout le temps, on faisait le mur la nuit pour se bourrer la gueule sur le terrain de foot (les joies des banlieues chics), bref, j'ai toujours été exclusif... Gaëlle E. n'était pas ce qu'on pouvait appeller une jolie fille, trop couvée par des parents qui allaient jusqu'a choisir ses vêtements (chemisette/sous pull pastel), elle avait une timidité maladive qui lui faisait avoir des crises d'angoisse/spasmophilie, et donc de sérieux problèmes de communication.

Vers la 4ème j'ai commencé à avoir des amis "cool", qui jouaient de la guitare au fond de la cour, fumaient le bedo et bravaient l'autorité (vive l'adolescence). J'emmenais Gaëlle E. partout avec moi et malgré le fait que mes nouveaux potes la trouvaient répugnante et gourdasse je l'imposais quand même, déjà un total désintérêt pour l'opinion des autres, c'était mon amie et fallait faire avec.

Elle a finit par prendre confiance, se lâcher, parler aux gens seule, montrer une certaine assurance même. J'étais vraiment content pour elle, elle s'épanouissait, elle en devenait presque jolie. Malgré quelques critiques et questionnements de pourquoi je trainais avec elle, mes amis savaient qu'il ne fallait pas l'emmerder, elle était comme sous ma protection. Ils ont fini par l'accepter.

Puis elle a commencé à devenir un peu distante, elle avait moins de temps pour moi en dehors du lycée, cela ne me gênait pas vraiment, j'avais pas mal d'amis et d'occupations. Le jour de la rentrée en 1ère, j'arrive au bahut et fais mon tour de bise, quand son tour arrive elle me toise et tourne la tête, méprisante. Ca peut paraître ridicule voir insignifiant mais je m'étais pas mal pris la tête pendant ces 5 ans pour que les gens l'acceptent, je n'attendais pas de reconnaissance mais un minimum de respect. Je prends beaucoup de choses sur moi mais une fois que je me suis senti trahi ou blessé j'ai une immense capacité à occulter la personne, je prends certaines choses trop à coeur.

Je n'ai même pas cherché à comprendre, elle est morte ce jour là, pour moi et pour beaucoup d'autres, j'ai fais ma Anna O (lisez Freud), elle a totalement disparue de ma vie, j'ai arrêté de culpabiliser. Mes amis ont recommencé à se moquer d'elle, je ne faisais plus rien pour la défendre, j'ai même sûrement dû en rajouter une couche, son nom était devenu synonyme de laideron dans le lycée et avait remplacé celui de Josiane Balasko ("arrête avec ta tête de ..."). Je me demande encore aujourd'hui comment elle a fait pour résister à l'envie de se tuer. Je ne suis pas fièr de moi, je sais juste maintenant que j'ai une limite, comme un barrage, et qu'une fois rompue rien ne peut réparer les dégâts. Je la croise quelques fois quand je retourne chez mes parents, elle a redoublé cette année là, est passé des brillants aux mauvais, s'est mise à arborer une coupe de cheveux façon Eddie Mitchell et a développée une acné purulente. Elle est caissière au supermarché maintenant.


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jeudi, novembre 25, 2004

Cold Water.

 Très tôt hier matin je suis retourné sur le pont, ce [pont], j'y passe souvent en fait, pour aller travailler, il lie la rive droite à l'île saint louis, j'avais de nouveau Damien Rice dans les oreilles mais tout m'a semblé différent, comme sublimé. J'ai pris de grandes bouffés d'air, l'eau froide de la seine s'écoulait paisiblement, sereine, les phares des voitures y faisant de folles danses, la musique me donnant une exaltation, les paroles me semblant plus juste que jamais, je me suis souvenu pourquoi j'aimais tant Paris, me suis senti complètement à ma place, dans mon élément, vivant.

Nothing unusual, nothing strange
Close to nothing at all
The same old scenario, the same old rain
And there's no explosions here
Then something unusual, something strange
Comes from nothing at all
I saw a spaceship fly by your window
Did you see it disappear?

Amie come sit on my wall
And read me the story of O
And tell it like you still believe
That the end of the century
Brings a change for you and me
Nothing unusual, nothing's changed
Just a little older that's all
You know when you've found it,
There's something I've learned
'Cause you feel it when they take it away

Something unusual, something strange
Comes from nothing at all
But I'm not a miracle
And you're not a saint
Just another soldier
On the road to nowhere

Amie come sit on my wall
And read me the story of O
And tell it like you still believe
That the end of the century
Brings a change for you and me

[Damien Rice] - Amie (2003)

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dimanche, novembre 21, 2004

[ Art démocratique ta mère ou falsh mob littéraire autour du feu ? ]



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vendredi, novembre 19, 2004

Love me.

 J'ouvre une [wishlist] parce qu'il n'y a pas de raison.

Mais j'aime aussi qu'on m'offre un bouquin/dvd/cd/iPod/appartement qu'on a adoré, qu'on a envie de partager, comme ça je découvre.

Voilà, je vous aime, ect...




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mardi, novembre 16, 2004

The Wonderful Wizard of Oz.

 [Oz], c'est vraiment une putain de série, j'étais totalement passé à coté, faut dire que c'était pas tripant en VF sur M6, là je me rattrape, j'enchaîne les saisons, un vrai bonheur, comme la [8ème saison de South Park], ça devient de plus en plus trash. Je vous conseil aussi [Psycho Beach Party], film excellent, bien barré comme il faut, ambiance 60's, avec [Lauren Ambrose] de Six Feet Under en rôle principal, un travelot inspecteur de police, des surfeurs sensibles, et des chemises à fleurs (merci à D. pour le conseil).

J'ai repris la "carte Beaubourg", le [laissez-passer du Centre Pompidou], putain comme ça fait du bien, je crois que je vais me faire une wishlist avec des places d'opéra et de théâtre (si vous en avez en rab), je veux redevenir un pédé concerné, c'est bien plus marrant, j'adore ça, découvrir, mais il faut toujours qu'on me prenne par la main, j'ai bien envie de tester les conseils des chroniqueurs du Set sur [Pinktv] (je n'ai pas dis tester les chroniqueurs).

Expo, resto, fiestas, je pense que les choses vont mieux, j'étais à une soirée dans un loft à Montreuil samedi soir, 300 personnes, une fille chilienne m'a fait savoir qu'elle trouvait que je "dansais très bien", je ne me suis pas arrêté pour autant, ça m'a juste fait plaisir et j'ai zappé, je vais faire sponsoriser ma vie par une marque de téquila, mais ça c'est secondaire, dans 15 jours je ne serai plus là.



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mercredi, novembre 10, 2004

thanks for saying it.



[sorry everybody.com]




via [Pando] - { Commentaires suspendus. }

mardi, novembre 09, 2004

make me bleed.

 "-You take a drug, right, the chemicals, they rush through your body, rush through your brain... And the sensations, whow, you want the sensations again and again and again.

But let me tell you, you can also get addicted to grief, to guilt, to hate... Because when you feel dead inside, even bad sensations makes you feel you're alive."



[OZ] - S01 - Ep05


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lundi, novembre 08, 2004

bla bla bla. (n° 2)

4 novembre

Cette impression d'étouffer, que j'avais depuis un bout de temps, vient de s'évanouir. J'avais toujours cette boule dans la gorge qui m'empéchait de prendre de grandes bouffées d'air, disparue. Je n'arrive pas à savoir si cela vient du fait d'avoir passé l'après midi d'hier à sauter dans tous les sens avec la musique à fond, évacuer la haine, profité des bruits de perceuse dans ma cour pour jouer aux pubs iPod, ou si le fait de casser un mur à coups de marteau m'a liberé d'un poids, permis de détruire, de me défouler.

Je me sens anesthésié, endolori comme après un long sommeil, tout me semble avoir retrouvé un goût, une texture, tout reprend du relief. Je me sens bien, plein de sérénité, de confiance, j'ai envie de faire des choses, à nouveau, une impression de pouvoir agir sur mon environnement. Ne plus chercher du sens mais en donner. La réélection du bush m'a peut-être simplement donné une confirmation, une réponse précise à des questions qui m'empéchaient d'avancer, maintenant je sais, et n'ai plus besoin de perdre ce temps-là.


... et puis dans la nuit de samedi à dimanche, à 00h05, j'ai eu 26 ans, et tout est redevenu normal.


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mercredi, novembre 03, 2004

USA. 1990

 En 90 je suis allé aux USA avec ma classe de CM2, on avait le choix entre classe découverte à la mer, classe de neige et classe amérique, le choix était tout fait. J'ai donc passé 1 mois dans le michigan, à jacksonville plus exactement, dans une famille bourgeoise/classe moyenne. J'ai adoré cette expérience, une impression de rentrer dans la télé, tout était immense, on prenait des cheeseburgers au driving du wendy's pour le 4 heures, y'avait les soirées pop-corn pleins de beurre devant l'écran géant, buvant du coca à la pomme, les gens qui avaient les même mimiques que dans sauvés par le gong, les frigos à deux portes avec distributeur de glaçons, ils avaient même reproduit halloween pour nous, en plein mois de mai, que des choses vues à la télé et totalement inexistantes en france.

Les school-bus jaunes qui passaient prendre les petits blancs devant leurs maisons (les blacks avaient un arrêt groupé), les blancs à l'arrière et les blacks devant, chacun faisant comme si l'autre n'existait pas, on était pourtant loin du sud esclavagiste. J'ai même flirté avec une fille blonde qui portait du gloss à la cerise, à l'arrière d'une voiture, en écoutant Sinead O'Connor (nothing compares 2u). L'hymne national, le matin à l'école, ou avant un match de baseball, où tout le monde se lève et met sa main sur le coeur dans un silence théâtral, comme dans les dictatures.

Une fois y'avait cette gamine black dans le bus, avec deux couettes et des petits nounours rouges aux bouts, qui devait avoir dans les 9 ans, elle avait un énorme ghettoblaster sur les genoux et écoutait, en bougeant la tête d'un air mauvais, "can't touch this" de MC Hammer. On jouissait d'une popularité assez étrange en arrivant, on était ceux du vieux continent, on avait une grosse tendance à courir dans les couloirs et désobéir aux surveillants, normal pour un petit français en somme. Bref, déjà pas mal de différences culturelles, mais rien d'infranchissable, j'en ai gardé un rapport haine/amour avec les states, interêt et dégout, ils sont capables du pire mais aussi du meilleur, j'ai toujours cru en ça. Pour moi bush et son gouvernement ont détruit les états-unis et toutes les idées positives que je pouvais en avoir, même six feet under a du mal à faire contrepoids, je ne sais pas si cette haine me vient d'une propagande journalistique hexagonale, mais celle-ci est bien présente et j'ai du mal à la rationnaliser.

Et dire que ce facho-puritain-arrièré [était ?] est le dirigeant du "monde libre", notre dirigeant.


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mardi, novembre 02, 2004

:: NeimaD - n° 2 ::

 Je crois que c'est parce que je trouve les gens ridicules dans leur façon d'interpréter leur cliché que je fais autant attention aux regards des autres, je n'y fais pas vraiment attention en tant que tel mais ça me force a toujours essayer d'avoir l'air au top, du moins ça avait toujours été le cas jusqu'à cette année. J'ai réalisé en regardant la version américaine de "Queer eyes for a straight guy" que je ne prenais plus soin de moi, que quelque part j'avais "démissionné", qu'à force de m'auto-convaincre que j'étais une merde, j'en étais devenu quasi une, c'est une des raisons pour lesquelles je ne sors pratiquement plus de chez moi. Pour que cela arrive plus souvent, j'aurais bien besoin de me faire un masque désincrustant, une petite application d'auto bronzant, une nouvelle coupe de cheveux, faire les boutiques (au moins 3 ans que je n'ai pas acheté de nouvelles fringues), faire du sport, du yoga, ça me permettrait de voir mes amis au lieu d'esquiver tout le monde, de renouer avec une vie culturelle (ciné, musée, théâtre) et retrouver un équilibre avec mon "moi intérieur"... et puis quoi encore, on est pas des pédés non plus. (comment si ?)

Bon et puis ce blog a commencé à devenir important pour moi, il me permet de vomir des choses, d'assouvir certaines envies, de provoquer, ou juste à faire de la pub pour ce que j'aime. Du coup il me devient difficile d'y avoir du recul ou simplement d'y faire des compromis, c'est pourquoi je supprime les commentaires, c'est encore la meilleure solution, mais rien n'est définitif. Si vous avez envie de réagir sur quelque chose envoyez-moi un e.mail. J'ai aussi ouvert un autre blog, juste pour les conneries spontanées, pas sûr qu'il dure mais il est [] pour le moment.


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samedi, octobre 30, 2004

[ "bêêêêêê" , fait le mouton. ]



Away From The Flock - [Damien Hirst] ©


{Nouvelle radio (à écouter d'une traite): Dani Siciliano - Walk The Line < Air - Cherry Blossom Girl < Mellow - Code Name: Dragonfly < Mellow - Take me higher (feat.Alison David) < Pipilotti Rist - Wicked Game < Le Tigre - Viz < Matthew Herbert - Granny Delicious < Nouvelle Vague - Too Drunk To Fuck < Cat Power - I Can't Get No Satisfaction < Kelis - Millionaire (feat. André 3000) < Matmos - Spondee < Björk - Ancestors < The White Stripes - You're Pretty Good Looking (for a girl) < Edith Piaf - La Vie en Rose .}


 

vendredi, octobre 29, 2004

Help me, i'm getting totally fucked up ou comment vivre avec mon acrimonie expéditive récurrente.

 - AustinPowers: at work !
- moi: pas de chance...
- AustinPowers: ben moi j'aime ça bosser, remarque je ne fais que ça donc si en plus je n'aimais pas.
- moi: j'ai envie de me mettre à aimer ça, j'ai envie de devenir cupide... faut que je me trouve un nouveau job.
- AustinPowers: je doute que la cupidité soit la qualité à mettre en avant pour trouver un job, quoique si tu veux bosser pour TF1...
- moi: ça peut être une motivation, je suis pas fais pour la vie de couple alors je devrai utiliser mon temps à me faire de la thune pour me payer des petits gars mignons quand je serai vieux et moche. Je fais des plans d'avenir, c'est un progrès. mon ex m'avait proposé un stage pour tf1...
- AustinPowers: tu choisis mal tes mecs... lol
- moi: nan, il était producteur de docu pour arte. :)
- AustinPowers: et il voulait te vendre à TF1 ! tout sauf TF1 ! Ne jamais renoncer à l'éthique et se vendre au diable !
- moi: c'est bon pour ceux qui ont une morale ou une envie artistique, je refuse d'avoir un téléphone bouygue par éthique, leur prendre leur thune je trouve ça plutôt cool.
- AustinPowers: ton discours est mélodieux, mais leur prendre leur thune je ne vois qu’une nationalisation pour cela...
- moi: lol nan je suis capitaliste, je veux un ipod et être le meilleur ami d'emma daumas.
- AustinPowers: qui est ce ?
- moi: ma future meilleure amie.
- AustinPowers: pigée sur le net ça y est je vois. quelle artiste ! quel talent etc..
- moi: on parlait de bosser pour tf1, faut bien avoir des modèles.
- AustinPowers: tu aurais pu être candidat à l'académie.
- moi: ouais, nan, j'ai pas trop envie de devenir "célèbre", je trouve ça bas de gamme aujourd'hui, trop populo ce désir de passer à la télé et tout...
- AustinPowers: je plaisantais, je ne souhaite à personne d'être broyé par cette machine !
- moi: je m'en doute. je veux juste plein d'argent pour acheter un deuxième appart et ensuite prendre ma retraite pour voyager grâce aux loyers, youpi.
- AustinPowers: beurkkkkk. (j'ai un rapport à l'argent très différent de toi...)
- moi: l'argent ça permet de faire des choses, j'aime pas trop ça mais franchement si je peux passer le reste de ma vie à voyager, lire des bouquins et baiser je serai le plus heureux.
- AustinPowers: ne me convainc pas !!! évidemment lire et baiser tout le temps c'est tentant.
- moi: j'essaye pas de te convaincre, c'est quoi ton rapport à l'argent ?
- AustinPowers: c'est une des abstractions que je ne tolère que comme telle... l'argent roi me fait horreur, j'exècre les bourgeois !
- moi: rejet de ton milieu, tu aurais pu trouver plus original. je rejette l'argent roi à l'américaine aussi mais bon, j'ai choisi de vivre à paris et pas dans le luberon à faire pousser mes patates, j'essaye juste d'être en harmonie avec mon environnement.
- AustinPowers: je ne suis pas d'origine bourgeoise... et plus rebel non plus... (j'ai 32ans bientôt j'ai un peu grandi depuis mes petites révoltes d'il y a bientôt dix ans...)
- moi: bourgeois, habitants des villes... bref, je trouve que bosser c'est combler le temps pour éviter de trop penser et entretenir le règne de l'argent comme centre de notre vie. mais du coup je bosse le moins possible ce qui me pousse à penser à l'argent (ce que je déteste) donc ça me prive de certaines libertés alors va bien falloir que je grandisse et fasse la pute pour la société.
- AustinPowers: tu me cherches ou quoi ???
- moi: possible, t'as pas besoin d'une pute au foyer par hasard ?


 

lundi, octobre 25, 2004

No fucking way.

 Des gens s'étonnent que je sois cynique et distant, que je ne fasse plus confiance, des fois j'en deviens même parano et préfère régler les choses rapidement, souvent de façon définitive. Je vais vous raconter une petite histoire, une histoire de mon passé, ceci explique peut-être cela.

Quand j'ai débarqué sur Paris en 1999, fraîchement sorti de ma banlieue, je rentrais de mon premier voyage seul en asie, j'avais l'habitude d'accoster les gens avec une grande facilité, j'étais quelqu'un de très sociable. Pour me faire de la tune j'ai commencé un job dans un bar gay branché, c'était sympa, je me faisais totalement exploiter mais les pourboires étaient très intéressants et cela me permettait enfin de rencontrer des homos, ce qui était assez dur en banlieue. Je me suis rapidement fait un groupe d'une dizaine de copains, des habitués du lieu, y'avait (appelons-les) David, Anna, Jeff, Danny et beaucoup dont j'ai oublié les prénoms, on sortait beaucoup, on traînait tous ensemble, tout le temps, toujours les uns chez les autres. Un matin j'ai appris que l'appartement de l'un d'entre eux avait brûlé dans la nuit, l'appartement que Danny partageait avec Jeff, il s'est avéré que Danny était encore dedans, et que c'est Jeff qui l'avait assommé, aspergé d'essence et brûlé vif. Danny a survécu, un miraculé, brûlé à 80% si je me souviens bien, il s'est suicidé quelques années plus tard. Jeff est en prison normalement, d'autres ont fini en HP à Sainte-Anne, ou simplement différents, comme moi. Jeff avait proféré des menaces à mon égard, sans que je le sache, parce que j'étais sorti avec un gars qui ne voulait pas de lui, personne n'y avait vraiment cru sur le moment. Il avait prévu des vacances en corse et son billet partait ce matin là, il avait tout planifié depuis plusieurs semaines, voire des mois, jusqu'à déménager ses affaires chez Anna, acheter le bidon d'essence à coté de chez elle, passer la soirée de la veille chez David avec moi, comme si de rien n'était, il a tué son meilleur ami pour des chèques volés.



{PS: Juste pour info, les ridicules menaces d'une vielle tapiole vérolée et prétentieuse ne sont pas prêtes de m'atteindre, alors ton e.mail à la Melrose place© tu évites de le réitérer, je m'énerve facilement.}


 


vendredi, octobre 22, 2004

"Je n'en fais qu'à ma tête et c'est pour ça qu'on m'aime." (sic) U might blow me as well. (i'm in a fucking bad mood and want to share.)

 Je suis énervé contre tout, ces derniers temps, envers moi aussi, principalement. J'ai été troublé par ce [post], j'ai eu la sensation de me lire dans les mots d'un autre, ça fait bizarre, comme si quelqu'un avait fait un tour dans ma tête.

J'ai l'impression de perdre mon temps, je vais regretter ces heures perdues, un jour, je vais regarder tous ces possibles que j'avais et me dire que je suis passé à coté, de tout, de rien, de moi, j'en ai déjà la nostalgie. J'ai le sentiment de voir le temps filer sous mes yeux, des fois je lève même la main, pour le laisser glisser entre mes doigts, le sentir, je fais des mouvements lents dans le vide, comme quand on compte dans sa tête, je reste contemplatif, je retiens mon souffle.


 Je n'ai jamais aimé les bébés, c'est con un bébé, je ne vois pas l'intérêt, au moins un petit chien ou chat tu peux le caresser (sans être taxé de pédophile), c'est moins fragile aussi, bon ok, ça devient légèrement intéressant quand ça commence à parler, et encore. Mais je crois que le pire ce sont les parents, ça rend con et insipide d'avoir un enfant, un peu comme l'amour. Ils ont l'impression que tout le monde devrait être bouleversé par ce truc qui braille et bave, ces femmes pleines de fierté d'avoir donné le jour, le "miracle de la vie", qui promènent leurs poussettes comme des chars sur les trottoirs bondés, super, t'as un utérus, comme la moitié de la population mondiale, connasse. Je suis toujours gêné quand des parents forcent leurs gosses à embrasser tout le monde, c'est dégueulasse, avec leurs nez plein de morve, pourquoi se sentent-ils obligés de faire subir ça à des gens qui n'ont rien demandé, si j'ai pas envie de l'embrasser ton chiard je fais quoi, je le pousse quand il arrive vers moi, content d'obéir bêtement à ses géniteurs ? C’est comme subir les pleurs dans un avion, mais fous-lui une tarte, ou met de la vodka dans son biberon, assume et fais pas chier le monde parce que tu as réussi à te faire sauter.

Je pense que j'aimerai mes enfants, comme un père, normal, ce seront MES enfants. Sauf si ils sont cons, ou moches. Bah quoi, nos parents ça les fait bien chier qu'on soit pédé, moi ça me ferait chier d'avoir un enfant débile ou avec une gueule de travers. Ou alors je veux un Ipod à la place, ouais, c'est mieux un Ipod, ou un chat, pour tenir chaud... de toute façon, enfant ou pas, on crèvera seul.




 "Are you in a bad mood, don't you wanna talk about it, did I say somethin' rude ?
You don't have to cry about it.

Aren't you feelin' okay ? Would you like a little company ? Or did you have a bad day ? Are you mad at me ? -let is show. Don't tell me nothing - I don't wanna know.

There's nothing I hate more then nothing. Nothing keeps me up all night. I toss and turn over nothing. Nothing could cause a great BIG fight.

Hey - What's the matter? Don't Tell Me Nothing."


Edie Brickell - Nothing (1995)     


 

mercredi, octobre 20, 2004

Putain de sa race. (edit)


 Comment je kiffe grave [ça]. (le design, la chanson, la vidéo, mieux avec un écran 19")


 Je suis linké sur [Têtu.com] et on me cite dans un article du numéro de novembre ("Ma vie sur le net") ... Si ça c'est pas une consécration pour un pédé, d'ailleurs je cherche à me reconvertir, ma vie pue le croupi de la stagnation, à vot' bon coeur pour un job.

Ils linkent aussi [J.T.Leroy] qui a écrit Sarah, putain de bouquin qu'il faut lire (j'en profite); serait-il temps que je me pose des questions existentielles du genre "me faut-il une wish-list ?" et si oui pourquoi (je préfère les surprises, c'est la [Fiac] en ce moment, à vot' bon coeur); je me ferai bien passer pour hétéro juste pour que TF1 refasse ma garde-robe et mon appart (un écran plasma, à vot' bon coeur); un californien m'a filé 10 dollars de pourboire, comme dans un film, c'est le début de la fortune, moi je vous le dis, oui, comme dans un film; Los Angeles n'est qu'un grand freeway, mais finalement, who fucking gives a shit.


 

samedi, octobre 16, 2004

Ta mère la pute.


 "- Mon dieu Victor, dit Alison, un ton en dessous. Dans cette lumière... Elle s'arrête réellement émue... tu es splendide. Retrouvant la force de plisser les yeux, je finis par dire: - The better you look, the more you see."

Bret Easton Ellis - Glamorama               


  J'aurais aimé être beau, vraiment beau, comme une statue, que les gens cessent de parler pour me regarder, les yeux admiratifs, plein de haine et d'envie, être beau et en souffrir, une beauté sombre, inquiétante, qui glace, brûle la rétine, trop parfaite pour être supportable, qui donne envie de salissure, de destruction, qui excuse tout et crée une distance, cette beauté qui permet de tout avoir et de s'en foutre. Finir par se sentir objet, objet des convoitises, un objet qui se donne, qui se vend, avoir une valeur marchande estimable, comme un appartement ou une oeuvre d'art, devenir muse, comme dans un roman de Mishima, ou un film de Paul Morrissey.



  J'aime beaucoup la chanson de Pipilotti Rist (dans ma radio), une bonne reprise de wicked game, j'adore quand elle crie "no, I don't want to fall in love". Je n'aime pas les compliments, je l'avais déjà dis mais ça me bloque, sur le moment ça flatte l'égo mais après j'ai l'impression de ne faire que de la merde, forcement en comparaison, surtout je n'aime pas mon égo, et comprends mal pourquoi les gens ont besoin de dire ce qu'ils pensent des choses, comme si c'était intéressant, pour s'en approprier un bout, ou en ternir l'éclat peut-être. J'arrive trop facilement à me défaire de mes dépendances, les clopes, la coke, les gens, et ça me gêne, je change de cercle d'amis tout les 2/3 ans, j'ai envie de changement plus profond, je ne fais rien sur la durée alors je devrais en profiter, j'ai vraiment envie de vendre mon appart comme ça je pourrais redevenir un petit con avec de l'argent, ou alors je vais faire la pute. L'argent c'est la liberté alors pourquoi avoir des états d'âme.

J'ai eu de vraies conversations dernièrement, au moins 3 ans que je n'avais pas eu ça, avec quelqu'un avec qui je couche en plus, on m'a donné du "sens". Je reçois des e.mail-fictions auxquels je ne peux répondre car l'adresse d'envoi refuse, j'ai discuté avec Bingirl de Six Feet Under, je n'arrive pas à décider si j'aime [Angels in America] (série HBO sur les débuts du sida avec Meryl Streep, Emma Thompson et Al Pacino) mais Justin Kirk et Mary-Louise Parker y sont grandioses, il me faut un nouveau téléphone portable, pourquoi je me fous autant de pression pour rien.


 

lundi, octobre 11, 2004

Connard.

 Voilà, je pense que ça devait arriver, je me suis fais voler un post ("Grandes phrases vides de sens sur la fusion à froid."), en beauté, sans signature ni lien le rattachant à moi, le gars y a même rajouté des détailles perso, comme ce pathétique: "ou alors avec mon meilleur ami Tof, le seul être que je supporte vraiment au quotidien et que j'aime et qui m'aime comme un frère." ou cette explicitation totalement inutile et débilitante: "Ouais, le bonheur c'est seulement quand on se souvient du bonheur.", sinon tout le reste est de moi, mot pour mot, il a même mis une photo d'un autre de mes posts pour enfoncer le clou, j'ai du mal à comprendre comment on peut prendre quelque chose d'aussi personnel, essayer vainement de le mettre à sa sauce et le poster impunément comme sien.

Je suis vert, je n'ai qu'une envie, virer tout mes posts et fermer ce site, je trouve cela blessant, malhonnête, presque pervers, utiliser un bout de mon intimité pour combler son vide, je trouvais certains de ses textes très beaux, maintenant je sais, il les a sûrement pris à d'autre, pour s'inventer un intérêt. Sale connard.

lien: [ Lettres Mortes ]


{ edit 16h40: le post a disparu du site. J'en ai rendu le lien inactif, je ne suis pas là pour faire de la pub (google-isez le nom). Sinon, original, il suffit d'écrire un post nommé "connard" pour que nedstat me signale cette visite:

11 octobre 16:06 Présidence de la République, Paris, France.

Comme quoi, il n'y a pas de hazard... }      


 

jeudi, octobre 07, 2004

mardi, septembre 28, 2004

Grandes phrases vides de sens sur la fusion à froid.

 Je suis un yoyo émotionnel, parfois hypersensible, autocentré sur un malheur qui n'existe pas, un mal être esthétisé, je me suis mentalement suicidé plusieurs fois, mais plus pour la beauté du geste que par réel désarroi.

J’aime être seul, souvent, dans mon univers, presque autiste, mais seulement quand c'est un choix, réel. J'ai un besoin maladif d'honnêteté, de ma part, envers moi, et des autres, j'ai aussi besoin qu’ils le soient avec eux même. Je fuis la mauvaise fois et le manque d'intégrité, je cherche le bout de vérité derrière le cliché, je recherche l'étonnement.

Je ne ressens ni grande joie, ni grande peine, et pourtant je me trouble facilement. Le bonheur réside dans les souvenirs, la mémoire est celle qui transforme tout et donne cette couleur, passée et sélective, de la nostalgie, jamais aucun regret, mais se vautrer là dedans, comme dans un boudoir, et regarder les photos acrochées aux murs.

Je vis mes amitiés comme les histoires d'amour que je n'ai pas, de façon passionnée et exclusive, j'ai besoin de me sentir parfaitement en phase et compris, cette illusion adolescente, à la vie à la mort, et face à tous. Je prends comme tromperie toute complicité donnée à d'autres, comme trahison la moindre déception, je vis à rebours le moment de désillusion, le pressent, culpabilise, essaye de le prévenir, je retiens mon souffle, continuer ce moment, de presque symbiose, de fusion à froid, cette impression d'être enfin rattaché, d'avoir toujours vécu pour ça.

Compulsif, avec les gens et les choses. Quand j'aime une musique je l'écoute en boucle, quand j'aime un livre je lis tout du même auteur, chaque période de ma vie est marquée par une répétition, une accumulation du premier plaisir ressenti, le prolonger le plus possible, garder l'excitation, en prendre tout l'éclat, peu de choses tiennent longtemps, je les dessèche avec urgence, en redoutant le moment où elles finiront par me lasser, comme à chaque fois. Je n'ai aucune patience ou goût pour la maturation, si j'étais une femme et découvrais mon point G je passerais sûrement jours et nuits à le titiller, jusqu'à épuisement. J'aime l'écoeurement du trop vu, trop vite, trop intensément, je brûle tout de peur que cela m'échappe, j'épuise le filon. Mon esprit subit alors une coupure nette, les choses semblent différentes, un détachement brutal, je continue un moment à jouer mais la magie a disparu, je me replie sur moi-même en attendant le prochain éclaboussement.

Je fais pareil avec les gens qui me stimulent intellectuellement, jusqu'à leur reprocher de ne pas lire mes pensées, de ne pas être télépathes, de ne plus finir mes phrases, ne pas pleinement vivre pour moi, je leur reproche ce que je n'arrive pas à faire non plus et cette frustration de ne pouvoir vivre une relation parfaite.

Je me shoote à la complicité et quand celle-ci vient à manquer je me dis que jamais plus je ne me laisserais avoir, j'essaye de repartir dans cette médiocrité, glanant tant bien que mal des relents de subtilité, des restes d'aboutissement, tout paraît plus pâle, comme délavé, vivre ces rencontres moins éblouissantes, aussi pour combler, se rendre compte que l'on pourrait comparer ça à une rupture, se laisser le temps de digérer, et finir par s'en foutre.



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lundi, septembre 27, 2004

I'm gonna fuck it up again.

 I'm gonna make a mistake, I'm gonna do it on purpose, I'm gonna waste my time, cuz I' full as a tick, and I' scratching at the surface, and what I find is mine, and when the day is done, and I look back, and the fact is I had fun, fumbling around, all the advice I shunned, and I ran, where they told me not to run, but I sure had fun, so.

I'm gonna fuck it up again, I'm gonna do another detour, unpave my path. And if you wanna make sense, whatcha looking at me for, I'm no good at math. And when I find my way back, the fact is I just may stay, or I may not. I've acquired quite a taste, for a well-made mistake, I wanna mistake why can't I make a mistake?

I'm always doing what I think I should, almost always doing everybody good, why. Do I wanna do right, of course but, do I really wanna feel I'm forced to. Answer you, hell no.

I've acquired quite a taste, for a well-made mistake, I wanna make a mistake, why can't I make a mistake. I'm always doing what I think I should, almost always doing everybody good.


Why.


Fiona Apple - A mistake (1999)




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dimanche, septembre 19, 2004

Pub.



 Voici les blogs que je lis, avec plaisir, j'y passe souvent, au moins une fois par semaine, ils sont rangés dans "me connecting" en haut de la page, et j'avais envie de vous le dire. (mention pour Pasfolle qui me fait bien rire en ce moment et V. Despentes dont je viens de finir "les jolies choses" que je vous conseille.)


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vendredi, septembre 17, 2004

Période contemplative, et mélancolie souriante en écoutant la magnifique Billie Holiday {Songs for Distingué Lovers}.

  La saison 4 de Six Feet Under vient de se terminer sur HBO (merci e.mule), ça me fout les boules de devoir attendre 1 an pour voir la suite. Me suis payé une clef USB/lecteur MP3 en attendant le Ipod. Refaire ma salle de bain va me coûter plus chère que prévus, je vais essayer de me faire offrir ça pour noël, je ne sais pas trop comment je vais faire pour m'en sortir financièrement. J'attends trop des gens alors je les évite, peut-on vivre en totale indépendance affective ?

Vive les relations superficielles et les drogues douces.


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lundi, septembre 13, 2004

I'm so fucking 90's and that sucks ou comment je fais pipi dessus.

  Je suis resté bloqué dans les années 90, je me retrouvais totalement dans le mouvement trip-hop, pseudo-dépressif et tellement intense avec comme leader Portishead, Tricky ou Massive Attack, j'aimais la bisexualité chic des pubs Calvin Klein, le no-futur grunge de Courtney Love, les Smashing Pumpkins, le fait que l'underground était devenu reférence, même sur MTV où Björk remportait les prix de best female face à des Madonna ou Janet Jackson, PJ Harvey était nominée elle aussi, ainsi que des gens comme Skin (Skunk Anansie) qui en recevant son prix avait lancé un "je crois que c'est la première et dernière fois qu'une lesbienne-black-skinhead-de-gauche remporte ce prix", le K&D session de Kruder and Dorfmeister et la vague de trip hop viennoise, le premier Archive ou la pop anglaise excentrique, distinguée et provocante menée par Jarvis Cocker (Pulp) et Damon Albarn (Blur). Une époque de whatever attitude tellement forte, le mal-être était reconnu comme productif, il ne fallait pas faire semblant à tout prix, avoir l'air heureux, sourire hypocritement, voir faire des UV pour ressembler à J-Lo. C'est en ré-écoutant Fiona Apple que je me suis remémoré ce côté fashion-destroy, intelligent et sincère qui stigmatisait la culture de l'époque, on avait le choix au moins.

Aujourd'hui tout me semble tellement formaté, plastique, tout sent le foutage de gueule commercial, bienvenue dans un monde de Bisounours où il ne faut surtout pas froisser la bonne humeur ambiante (sic),dans les 90's tout le monde se prenait moins au sérieux tout en étant politisé et en recherche de sens, même niveau rap, qui peut égaler Cypress Hill aujourd'hui ? Tous ces The-quelque-chose-band, groupes rock pseudo rebelles qui font tous la même soupe (bon j'aime bien The Hives quand même), j'éviterai de parler du "rap" français, de Kyo et de la télé réalité, il reste quand même des mouvements qui essayent d'exister au milieu de tout ça, les chanteurs-sans-voix-français-mais-à-textes-attention, le retour du blues, le hip-hop à la Pharrel Williams mais cela reste anecdotique , finalement, rien de vraiment nouveau.

Je hais les années 00, je hais bush, chirac, les terroristes (der), les "kikoo-lol", la starac, jessica simpson, usher, le politiquement-correct, le politiquement-incorrectement-correcte, TF1, les médiocres qui la regardent, les gens qui préfèrent les films en VF et me reprochent de les aimer en VO, ceux qui ne comprennent pas qu'on puisse trouver bataille et fontaine totalement stupides et ne pas les respecter même si ils font 33% de part de marché (chiffre non contractuel), qu'un chanteur n'est pas bon parce qu'il vend des disques, qu'il faudrait arrêter avec ces pseudo sagas de mise sur grand écran de livres grand public, harry potter c'est pour les enfants et les seigneurs des anneaux sont vraiment à chier, merde ça me saoule quand je vois des gars de 30 ans m'en parler comme si c'était du fellini, j'ai envie de baffer les gens qui étaient à gauche avant le 21 avril et maintenant se mettent à trouver sarkozy "pas si mal", aujourd'hui on peut te cracher à la gueule qu'on ne lit pas parce qu'un livre c'est chiant ou que les musées c'est pour les vieux avec un grand sourire et plein de fierté parce que jean pascal l'a dit à la télé, allez, tout le monde s'applaudit des deux mains, les pédés veulent être plus blanc que blanc, passer sur M6 et n'ont comme seul but que de singer l'une des institutions les plus beauf: le mariage (je suis pour l'égalité donc pour le mariage homo mais pitié pas avec le passif en blanc (double-sic!)).

Bref je vomis ce monde rose bonbon (pardon bleu UMP), tu rentres dans n'importe quel bar tout le monde est déguisé comme pour un casting popstar, je conçois qu'on puisse se saper comme une pouf pour parader en club mais pas à 15h pour boire un café en terrasse, le net fait croire aux geeks qu'ils sont intéressants alors ils se la pètent parce qu'ils on réussi à foutre leur langue dans la bouche d'un thon, les experts sont tous des cons vaut mieux écouter la connasse qui a montré son cul 1 mois au bord d'une piscine de la plaine st denis, les nouveaux philosophes sont lorie et ses copines qui ont la "positive attitude", il ne manque plus que johnny-sorti-de-la-naphtaline-hallyday comme ministre de la culture et on ressemblera en tous points aux états-unis, à aduler des bimbos sans cervelle, remercier dieu et faire sponsoriser l'éducation par mac donalds.

Bande de cons.


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dimanche, septembre 12, 2004

Quand j'étais plus jeune je voulais être un vampire.

  J'ai lu l'intégralité des aventures de Lestat, écrites par Anne Rice, aux alentours de 15 ans. Je trouvais cet univers vraiment attrayant, la sexualité n'avait pas de genre, pour moi il se rapprochait de l'esprit des libertins du 18éme, distingué et arrogant, comme dans les Liaisons Dangereuses de Laclos, proche de la fin d'un monde.

Valmont et Merteuil interprétés par John Malkovich et Glenn Close dans le film de Stephen Frears, j'aimais cette distance face à toute chose, ce coté blasé tellement excitant, cette mélancolie amusée que seuls les riches ou/et les très beaux arrivent à afficher sans ridicule. Ne plus connaître aucune peur, devenir immortel, avoir le temps d'apprendre et de jouir de tout, finir par s'en lasser, je trouve qu'il n'y a rien de plus esthétique que la lassitude et l'ennui. Peut-être pour cela que j'ai toujours préféré l'indépendance distante des chats à la stupide et enthousiaste fidélité des chiens.

Très romantique comme vision du monde, l'amour et la mort entrelacés d'une façon amère, cette urgence de vivre en cherchant son oxygène, l'amour du sang. A l'époque j'exécrais le médiocre, le banal, je croyais en une sorte d'élite qui méritait plus, le fait d'être homosexuel était une force qui me mènerait à un avenir plus intéressant que la plupart, puis j'ai découvert l'empathie et franchement j'aurais préféré me casser une jambe ce jour là.


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samedi, septembre 11, 2004

Why do I love it so much, what kind of magic is this, how come I can't help adore it ? It's just another musical.


  J'ai un humour de merde, je suis littéralement "mort" de rire devant des films comme Austin Powers 3 - Goldmember dont les 10 minutes d'ouverture sont un pur bonheur (les deux premiers tomes sont affligeants), The Sweetest thing (Allumeuses) ou South Park - The movie.

J'assume complètement mais je me demande à quoi peut tenir le fait de trouver quelque chose drôle ou non. Chez moi je crois que cela passe par la musique, ça m'entraîne, j'aime l'humour n'importe-quoi/private joke et les comédies musicales comme le Magicien d'Oz, West side story ou les films indiens, un univers où tout le monde se met à chanter ensemble et faire des chorégraphies.



*(j'ai horreur des trucs du genre Les Dix Commandements, Starmania, les Disney et ai trouvé Moulin Rouge assez nul.)


  Souvent, dans le métro, principalement sur les longs tapis roulant de Montparnasse, en écoutant la chanson du procès de Dancer in the dark sur mon MD player (Björk - In the musicals), qui est la plus joyeuse musicalement du film et pourtant la plus triste, je m'imagine que tout le monde se met à danser autour de moi, que tous ces inconnus commencent à sauter partout et faire des pirouettes, tout le monde en synchro comme un ballet organisé, et qu'il y aura toujours quelqu'un pour me rattraper.


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vendredi, septembre 10, 2004

Interlude. #8

 J'ai besoin de l'exorciser.

Hier je me suis réveillé, trop tôt, j'ai roulé un peu sur mon lit, j'ai regardé 3 ou 4 films, dont [ Igby goes down ], allumé mon ordi et lu mes e.mails, suis resté nu toute la journée, j'ai beaucoup fixé le plafond aussi.

Ce matin je me suis réveillé, trop tôt, j'ai fixé le plafond, enchainé les films, revu la fin d' [ à la verticale de l'été ] et [ 17 fois Cécile Cassard ], j'ai pleuré, enfin pas vraiment, mais presque, ça fait longtemps que je ne pleure plus, je crois que le jour ou ça a commencé est celui où j'ai réalisé que je n'étais pas fait pour le bonheur, certains le sont, pas moi. On continue quand même, j'ai jamais eu un tempérament suicidaire, je suis trop réfléchi pour ça, j'ai juste ce vide, comme un trou juste là. C'est plus un rien en fait, qui ne donne plus envie d'essayer, alors j'économise les gestes et les situations, une impression d'attente alors qu'on n'attend rien. Une langueur, même pas triste, juste cette mélancolie douce et rêveuse.

Je sais qu'un jour je vais devenir fou, mais pas maintenant, pour l'instant je compte les fissures.



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mardi, septembre 07, 2004

dimanche, septembre 05, 2004

[ Barque, bédos et psychotage en règle pour fête barrée sur île privée. ]

"more, more, more... how do u like it, how do u like it."


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samedi, septembre 04, 2004

This is love, this is porn, god will forgive me, but I whip myself with scorn. { substitute for love. }

- Tu fais quoi dans la vie ?
- Je suis dans la police judiciaire...

  Cette nuit, j'ai dépucelé un flic, très sympa, très mignon, passablement hétéro de 25 ans. Ayant aimé flirter avec un gars l'été dernier, il désirait aller un peu plus loin...

Un mec qui te regarde comme le premier mec qu'il touche, tendrement, avec ses mains viriles il a parcouru mon corps, lentement, comme si il ne voulait pas perdre l'occasion, il a caressé mon ventre et mon torse, longuement, c'est mit à me masturber en regardant mon sexe gonfler, au rythme de la musique, m'a embrassé d'une façon détourné, comme un accident et c'est allongé sur moi pour coller son corps entièrement au mien. Il m'a demandé de mettre une capote, pour me sucer, d'une façon délicate. Il semblait un peu perturbé, perdu entre l'envie et le contrôle, il a fixé ses grands yeux verts sur un point lointain quand je suis entré en lui, il m'a presque immédiatement dit, d'une voix presque enfantine, qu'il allait jouir, ses boucles brunes collées sur le front.

Il avait l'air gêné après, comme si il venait de faire quelque chose de mal, je lui ai dis de ne pas stresser, si il commençait à réagir comme ça après avoir fait l'amour avec un garçon il ne pourrait pas se sentir bien, qu'il ne devait pas associer le sexe avec une salissure, il m'a regardé avec de grands yeux souriants (vraiment une bouille de jeune amerloque, l'air fort et gamin) et m'a dit timidement qu'il savait. Il est partit comme un pote de lycée, en levant une main, avec un sourire complice.

Pleasure is all mine.


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lundi, août 30, 2004

" ... si j'avais une chatte je passerais mon temps à me doigter, mais c'est âpre à lécher ... " ou comment je suis redevenu pédé.

  Comme une envie de courir, très vite et très loin, tout de suite, dans l'urgence, alors quand on m'a proposé d'aller à Deauville pour le week-end j'ai dû hésiter 74 secondes. Un couple de petits gars très mignons avec qui je chatte depuis un bout de temps et un ami à eux qui vient nous chercher, en provenance de Bruxelles, avec sa voiture de fonction.

  "C'est con, j'ai failli venir avec Emma Daumas mais ça aurait fait trop tard." Le shit étant parti en fumée la veille au soir on s'est rabattu sur du champagne, j'ai appris à aimer les feux d'artifice et caresser des cheveux, à sauver Willy aussi, le casino nous a fait gagner des sous pendant que "Zizi Jeanmaire" faisait son show ("mais elle est pas morte Zizi Jeanmaire ?"), puis on s'est roulé dans le sable à 4h du matin pour finir par faire des galipettes. On a joué aux filles de l'est sur les planches avec Amos Kollek et Tobey Maguire, chanté du "some people want it all", parlé du duo Björk/Kelis, flirté à l'arrière d'une voiture entre la plage et Paris comme dans un road movie, j'ai acheté le dernier Erykah Badu et suis rentré l'écouter devant une bière avec ma voisine. Putain, merci les gars.


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samedi, août 21, 2004

Why do I love u so much, what kind of magic is this, how come I can't help adore u, u were in a musical. And u were always there to catch me.


when i fall... (merci Björk)


 Un verre de pur jus pomme/abricot/poire/mirabelle issue de l'agriculture biologique, une longue douche en écoutant le live d'[Erykah Badu], deux/trois gouttes de soleil, je passe devant le [Centre national d’art et de culture Georges Pompidou], pas le courage d'aller acheter des livres au [Mots à la bouche] alors je passe en voler à la [Fnac], Glamorama de B.E.Ellis que j'avais lu en anglais à sa sortie, Génération X de D.Coupland qu'il fallait que je lise et Les jolies choses de V.Despentes parce que je lis son [blog]. J'en profit pour déposer mon [ordinateur portable] que je dois faire réparer depuis plus d'un an, pas trop de queue, j'ai juste le temps de loucher sur les clefs USB/lecteur mp3 et me renseigner sur la sortie en DVD de la saison 2 de [Six Feet Under], la première m'ayant été offert pour mon anniversaire par mon ex.

 Je rejoins des amis pour boire un coca, on discute de la viabilité des clichés en interaction avec le moi sociale, tranquillement installé au deuxième étage d'un resto vide, de grosses ondés tombent par intermittence. Mon père m'appelle, je dois voir ma mère avant son retour aux caraïbes. Ellipse, on passe chez [Agnès B.], rue du jour, il faut que je me trouve un beau manteau pour cet hiver, déjà 4 ans. Comme il n'y a pas trop de monde au [UGC] des Halles, on retire nos places pour plus tard, cela fait du bien d'avoir un vie diurne, même si j'ai très envie de dormir. Boulevard Sébastopol, petite crise d'agoraphobie, je prétexte des courses pour repasser boire un café chez moi, seul.


 On me propose d'aller au [cinéma en plein air de la villette] mais je suis fatigué, je m'endors devant Star wars (episode 2 - L'Attaque des clones) sur canal+. Je continu à penser que c'est malpoli d'embrasser ton partenaire quand tu es avec d'autres gens, que les histoires de monstres donnent de mauvaises idées aux faibles d'esprit (qui a dit les médias ?), que mon nouveau voisin du dessous est bien mignon et que, aucun rapport, mais quand tu n'as rien à dire tu fermes ta gueule.


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samedi, août 07, 2004

Medúlla: n.f. (lat. medulla, moelle). Partie centrale de certains organes (par oppos. à cortex). SYN.: médullaire.

"Pleasure is all mine", "Mouth's cradle" et "Triumph of a heart", voila les trois morceaux, disponibles sur ma radio, du nouvel album de Björk. C'est cadeau.


{edit: la vidéo de Oceania est disponible sur [Björk.com] dans le "Medúlla player". }


mardi, août 03, 2004

Interlude. #7

  Je suis resté 2h assis sur la rambarde d'un pont, les lumières de Paris, le faisceau de la tour eiffel au dessus et l'eau noir, qui tourmente, écoutant damien rice en boucle. Je me suis demandé comment cela ferait de tomber là-dedans, si j'aurais les couilles de sauter, si je n'avais pas besoin de retrouver des défis, voire des convictions, en me tenant fermement agrippé à la pierre. J'ai pensé à mon ex aussi, avec qui finalement ça se passait, j'avais juste à y croire un peu plus, on formait un beau couple après tout, même ma mère voyait en lui un gendre idéal, à défaut d'une greluche fécondable au moins il était beau et charmant, un producteur pour le fils pédé ça fait toujours bien aux réunions familiales.

Plus que quelques paumés sur l'île saint Louis, une percu pas loin et cette nausée. Y'avait pas mal de vent, je n'arrivais pas à respirer pourtant, comme ce rêve où je me sens super bien au milieu d'un "trouver charlie" porno, plein de petits minets bel-amis, mais une voix me dit que je suis en danger et tout me semble différent, rien a changé mais les regards semblent fourbes et malveillants. Il faut que j'apprenne à respirer, à dire merde aussi et à sucer une bite, à casser ces putains de schémas acquis qui font que tout est pour moi, que les gens sont là pour brasser de l'air et rendre le temps moins long, que tout ça n'est qu'une valse ridicule et franchement lassante. Je suis un cynique optimiste on m'a dit une fois, je suis vide aussi, comme tout ça, j'y prends un plaisir coupable, cette dérision amusée.


Je me suis fais sucer par un de mes "fuck-buddy" hier soir, au taf, debout, le pantalon de costard sur les genoux, je me doigtais l'anus en faisant des va-et-vient dans sa bouche, il avait mis une casquette bleue et j'ai remarqué l'ange tatoué sur son bras juste quand j'ai joui.

 

lundi, juillet 26, 2004

The Simple Life saison 2, Paris et Nicole en Belgique ou comment subir une chirurgie occulaire et autres conseils pour garder un poignet robuste.

Samedi 24 juillet.

Trop bu hier avec le bubble-blaster-crew, on s'est bien marrés mais bon je me réveille la tête dans le cul vers 14h avec la vague impression d'avoir un truc à faire. Merde, c'est vrai, la Pando nous a conviés à un petit barbecue avec ses potes, une douche, un thé avec L. que-j'ai-pas-vu-depuis-longtemps-même-que-ça-me-fait-bien-plaisir, je prends le dernier T-shirt propre qu'il me reste et rejoins Bass à gare du nord. 68 euros dépensés plus tard on monte dans le Thalys direction Bruxelles.

C'est une Pando toute sourire qui nous ouvre la porte, on est dans un pur esprit avec une grosse envie de faire la fête... Ca commence pas super, quand elle nous intronise, 15 personnes se retournent pour nous jauger dans un silence de mort. "Salut tout le monde ..." "...". Ok, quelqu'un a dû leur dire qu'on était parisiens, bref spa grave c'est pas comme si on était pas habitués. On essaye quand même de sociabiliser, mais c'est assez dur quand tu vois que dès que tu ouvres la bouche on essaye de te casser parce que tu n'es qu'un sale-parisien-de-merde (c'est marrant la facilité des gens à correspondre parfaitement à leurs clichés, un jour ils capteront qu'on ne change pas d'attitude pour eux, que je n'ai jamais jugé quelqu'un sur sa provenance et que même si j'évite de catégoriser je parle aux gens avant d'émettre un avis).

Nous voilà jetés dans l'arène qui ressemble grave à un traquenard mais bon c'est parano un parisien (c'est pas comme si on était pas habitués)... Aprés une vaine tentative pour nouer le dialogue de la part de Patrickroy (dommage d'ailleurs), "le Jérémy Chatelain des blogs" assis un peu plus loin, finit par nous demander combien de visiteurs/jour nous avons et nous fait bien comprendre que si c'est moins de 500 ce n'est pas la peine de lui parler, finalement on est plutôt contents, il arrive trés bien à se faire la conversation tout seul. (vidéo prochainement disponible)

Ensuite des bouches, des langues et puis des bouches (moi j'avais conclu plus vite quand même). On dirait une soirée Hot sur MTV France, comme quoi un blogueur a une vie "sexuelle" (surtout en public je crois, bah oui sinon on y croirait pas). Y'a eu aussi du mon-verre-dans-ta-gueule (faut pas me chercher), une lesbienne volante (qui a vu birdy ?), de bons mots avec Kek (ça, ça fait plaisir), des gens bien sympas (avec ou sans blog) et une Pando qui joue trés bien son rôle d'hôtesse (qui n'a pas eu son herpès ?).



samedi, juillet 24, 2004

"nan mais c'est très temporaire comme état, comme ...chaipa moi.... la ménopause ?"

"-Mais c'est qui déjà la chanteuse rousse ?
-Virginie Despentes ?
- Mais nan t'es trop con, tu sais celle qui joue du piano comme ça.
-Alicia Keys ?
-'tain vous êtes nuls les gars, y'a trois chanteuses: Bjork, PJ Harvey et tu sais l'autre là, la rousse..."

[ La Cantine des Ginettes Armées ], Samedi 24 juillet 2004, 01h26. Bubble Blaster Crew.

jeudi, juillet 22, 2004

ma vie, mon oeuvre.

"alors tu me soutiendras toujours si Ann Scott décide de me péter la gueule à coups de cassette vidéo de jurassic park ? "

mardi, juillet 20, 2004

It's just what I'm going through, this is nothing new, no no just another phase of finding what I really need, is what makes me bleed.

  Longtemps que ma vie sexuelle n'avait pas été aussi enrichissante, oui enrichissante car elle me rappelle le plaisir que cela fait d'aimer, quelqu'un, même pour une nuit, de se sentir vivre à travers l'autre, lui donner son dernier souffle, de jouir ensemble en se regardant dans les yeux, voir dans ce regard la peur et la dévotion, l'offre de soi, une intensité haletante, de se retenir jusqu'au dernier hoquet de compréhension et finir en sueur sans un mot, le bruit des draps froissés, la respiration saccadée, rassasié. Fermer les yeux et désirer ne jamais sortir de ce moment de contentement, de plaisir, de vie.

Mais déjà la réalité, cette certitude de ne pas revoir l'autre, de ne pas vouloir ou plutôt de savoir que l'habitude prendra le dessus (ma lacheté ?), même si je suis sincère en disant au revoir, que j'y crois vraiment à ce moment là, au moins quelques instants.

J'aimerais m'enfermer dans un cocon et ne jamais en ressortir, avoir l'impression de mourir à chaque seconde, de manquer d'air tellement... J'ai pris un couteau et me suis ouvert la main, j'ai regardé le sang, je veux que ma vie ait cette couleur là.

 

dimanche, juillet 18, 2004

Pleasure Is All Mine.

Il sort le 30.08.04, il se nomme Medúlla, un extrait studio est dispo en écoute sur ma radio (enfin je crois) et elle chantera le 13 Août à l'ouverture des J.O. d'Athènes.


vendredi, juillet 16, 2004

[ Piece of my mind. ]


Georgetown, Malaysia.
NeimaD 2000 ©

mardi, juillet 13, 2004

je ne suis pas assez beau pour faire partie des "beaux", pas assez moche pour faire partie des "moches", mais les jolies filles m'aiment bien.

  Je me suis fait draguer par un garçon "connu", beaucoup plus mignon en vrai qu'en faux, je suis bloqué devant lui, on se sourit bêtement (ok, ça devient une habitude) et j'ai peur qu'il me prenne pour un groupie (alors que je n'aime pas trop ce qu'il fait). Je le trouve juste craquant. Je suis déjà sorti avec un garçon "connu" mais un peu plus vieux (donc habitué), un peu plus mannequin (donc j'aimais ce qu'il faisait), un peu plus "connu" (...) et je m'en foutais complètement (qu'il soit "connu").


Je crois que je suis "sentimentalement inadapté", j'avais déjà du mal à recevoir les compliments et les marques d'affection. Maintenant je réalise que cela devient épidermique, quand on essaye de me prendre dans ses bras j'ai l'impression d'étouffer, je me glaçe sur place et attends que cela se termine pour disparaitre. Je n'arrive plus à spontanément vivre les "bons moments", et cela commence à me faire peur. Mais j'arrive toujours à baiser. 


J'ai vu un homme en costume/cravate avec attaché-case, genre bureaucrate propre sur lui, pisser sur un arbre au milieu d'un trottoir plein de gens, à coté de l'Hôtel de Ville de Paris ,à l'heure des sorties de bureau, à 5 mètres d'un café.


Je suis mort de rire depuis 2 jours, je télécharge tous les French & Saunders.


 

samedi, juillet 10, 2004

vendredi, juillet 09, 2004

des fois j'ai envie de dire pas forcement.

  Bah ça va parce que je suis tranquille chez moi à Paris mais bon j'ai regardé un film d'horreur français hier soir sur Canal.  Du genre tu es chez les parents d'une copine à la campagne, un gars débarque et tue tout le monde un par un mais toi tu es caché et ne peux rien faire car no tel et au milieu des champs... Ah oui tu es une fille blonde en plus.. Pour couronner le tout tu as des tendances lesbiennes pour ton amie qui vient de se faire enlever par le redneck-serial-killer. Alors tu le poursuis mais il te nique grave parce qu'en plus il est pas con, merde, parce que qu'est-ce qu'il est moche !


 Mais tu finis par le rattraper et le tuer le méchant sauf qu'en fait il était dans ta tête et que tu as de sérieux problèmes psychologiques, t'as vu trop de films où le héros se tape la meuf à la fin car il lui a sauvé la vie, genre t'es pas fini quoi, c'est pour ça qu'il était si futé et te prenait de court. Bref, donc tu as tué tout le monde parce que tu voulais te taper ta copine qui finit par te planter (un couteau) là au milieu d'une route.


 Comme quoi c'est dangereux une lesbienne à la campagne.


 

jeudi, juillet 08, 2004

happy summer time.

 Je n'aime pas le soleil, l'été est une période que je trouve déprimante, j'ai envie d'autre chose, d'un cocon loin de tout ça, sors de ma tête, sors de mon lit, je n'en suis même plus là. Tout ce que tu racontes je ne l'ai pas vécu, je me demande même des fois si je saigne aussi, c'est tellement simple de faire semblant, il suffit d'apprendre à sourire. Comment fait-on pour ressentir ce moment.


 Cet après-midi j'ai regardé la pluie par la fenêtre en buvant du thé,  ma radio.blog en boucle,  je n'ai fais que cela d'ailleurs. Je veux entendre ce que tu as à dire sur moi.


 

mercredi, juillet 07, 2004

[ he'll cheers u up. ]


trouvé chez [ Sskizo ] , disponible sur [ disposable friends ] .

mardi, juillet 06, 2004

life goes easy on me (most of the time).

 Juste pour me souvenir: j'aime pas les "pédéblogeurs" (sauf exceptions). ma famille aussi est psychotique (merci Douglas Coupland). le billard ça pue. vive Damien Rice. il faut 5 lesbiennes pour changer une ampoule, une qui la change et 4 pour faire un documentaire (et elles sont vraiment cool). Bombay sapphire/grenadine. je cherche quelqu'un pour m'aider à refaire ma salle de bain (pour pouvoir partir en inde). j'irai cliquer sur vos blogs quand ils seront morts. make me bleed.


 

mercredi, juin 30, 2004

Interlude. #6

 J'ai croisé un garçon dans un bar, on a pas arrêté de se regarder avec de grands sourires, je n'arrivais pas à détacher mon regard de lui et cela semblait réciproque. Longtemps que ça ne m'était pas arrivé, je suis trop timide, alors j'ai laissé D. lui porter mon numero une fois que je fus sorti. "Il est devenu tout rouge, trop timide, il ne répondra pas.", tel à été son verdicte. Puis j'ai oublié, j'oublie facilement tout et n'importe qu(o)i, c'est un probleme mais un avantage aussi, j'ai pas le temps de me dire "et si". Je l'ai recroisé sur le net, déjà plusieurs fois qu'on chat  mais je ne l'aurai pas reconnu (comme quoi les photos sont trompeuses). Lui m'a reconnu, c'est excusé de ne pas avoir donné de nouvelles mais il part passer l'été "en province" et ne veut pas prendre le risque de "connaître" quelqu'un avant de partir, mais que je ne m'étais pas trompé. Alors je me suis dis que le destin aimait se jouer de nous (se foutre de notre gueule en fait), et que j'allais donc écouter du Carla Bruni, manger des pim's et me dire "et si...".

 

samedi, juin 26, 2004

six feet under. come close to perfection.




u need [ real player ] ou directement sur le site de [ six feet under ].


vendredi, juin 25, 2004

My name means:


You Are Gay, but cover it by acting like a playboy in front of the ladies.



[ Take WHAT YOUR NAME MEANS today! ]
Created with Rum and Monkey's Name Generator Generator.

jeudi, juin 24, 2004

state of emergency.

Look out ahead - I see danger come - I wan'a pistol - I wan'a gun - I'm scared baby - I wanna' run - This world's crazy - Give me the gun.

Baby, baby - Ain't it true - I'm immortal - When I'm with you - But I wan'a pistol - In my hand - I wanna' go to - A different land.

I met a man - He told me straight - 'You gotta' leave - It's getting late' - Too many cops - Too many guns - All trying to do something - No-one else has done.

I walk on concrete - I walk on sand - But I can't find - A safe place to stand - I'm scared baby - I wanna' run - This world's crazy - Gimme' the gun.




mardi, juin 22, 2004

Jesus loves everyone, except u faggot.

Homophobes en toutes lettres

Le mariage gay célébré le 5 juin à Bègles a déclenché un tombereau d'injures et d'obscénités contre Noël Mamère. Souvent anonymes, d'une rare violence, les 2 000 lettres reçues par le maire rappellent qu'en 2004 la haine et la peur des homos sont toujours présentes.

Par Blandine GROSJEAN

mardi 22 juin 2004 (Liberation - 06:00)


Il se présente, chef d'entreprise, «je suis homophobe à 150 %». Parmi ses employés, «il n'y aura jamais de pédé». Le rejet est primaire, viscéral, «je rêve de lâcher mes deux rottweilers pour vous arracher la langue et les couilles et les donner à bouffer à vos deux pédés». Noël Mamère a reçu près de 2 000 lettres. Le mariage de Bègles qui a uni deux hommes le 5 juin a déclenché une éruption sauvage d'homophobie, un tombereau d'injures, de menaces, d'obscénités. Souvent anonymes, parfois signées, frustes ou châtiées, ces lettres rappellent qu'en 2004 le rejet de l'homosexualité n'endosse pas forcément les habits du droit, de la psychanalyse ou de l'anthropologie. «Je pensais être écologiste, mais s'il faut s'enculer pour être VERT, je préfère une autre couleur.» L'orthographe quelquefois est hésitante, les lettres ont la violence des missives rédigées sous le coup d'une colère irrépressible : «Tu sera jamais un Jospin ou un Sarkozy, eux ont le cu (sic) propre. T'as pas mal à la langue de leur sucer leurs bites [tous les gros mots sont soulignés].» Des auteurs affichent leurs titres de gloire et pratiquent la grossièreté sans en avoir l'air : docteur O. W., radiologue, Saint-Cloud, «Israélite, ancien résistant, croix de guerre 39-45» : «Monsieur le maire (si j'ose dire) : je ne vous botterai pas les fesses, de peur de me salir les pieds. Mais plutôt que de pleurer comme un veau devant les caméras (après les sordides baisers patins de vos acolytes), vous feriez mieux de vous le faire mettre en public.»

Etait-il nécessaire de publier ces «ressentis personnels», comme on les appelle dans l'entourage de Noël Mamère ? «A ne pas mesurer toute l'horreur que représente l'homosexualité pour certaines personnes, on s'expose à ne pas comprendre l'homophobie dans ce qu'elle a de plus radical», écrit Louis-Georges Tin, qui a coordonné le Dictionnaire de l'homophobie (1). On ne combat que ce que l'on comprend. Le discours homophobe moderne, civilisé, souligne encore Tin, conserve ses affinités historiques et structurales avec cette phobie archaïque, séculaire. On voit dans ces lettres que l'insupportable touche aux relations sexuelles entre hommes, épouvante pour ces auteurs très majoritairement masculins. Le mariage béglais les contraint à nommer l'innommable. «J'ai appris que vous vous apprêtez à effectuer un "mariage" de deux enculés (...), écrit un docteur, qui se dit membre du Groupement des écrivains médecins. Un enculé, c'est un individu qui fourre sa bite dans le trou du cul des autres.» Après des menaces de mort, un autre conclut : «J'ai un fils, je ne voudrais pas qu'il tombe si bas.»

Tutoiement, refoulement, haine de soi

L'union de deux femmes n'aurait sans doute pas déclenché la même violence. Guillaume Huyez, sociologue, qui a consacré un article du Dictionnaire à la «gaiphobie» en est convaincu : «Dans le dispositif hétérosexiste où s'exerce la domination masculine, les relations entre femmes semblent souvent impensables, peu dangereuses pour l'homme, voire tout à fait excitantes. En revanche, les relations entre hommes apparaissent comme le péril des périls, une menace directe pour l'ordre de la masculinité et donc pour l'ordre public, naturel ou divin.» Des centaines de lettres tournent autour de cette obsession-fantasme de la sodomie : «J'ai appris que vous allez procéder SOLENNELLEMENT à une cérémonie de mariage homéopathique devant nous préserver du désir DES TROUS surtout les plus sales par temps de DIARRHEE. Après les insatisfaits iront en Thaïlande trouver des petits trous et de plus en plus de petits trous et bonjour le SIDA» ; «Sale pédé, tu vas marier deux enculés car imagine-toi la scène quand ils "baisent", leurs grosses queues pleines de merde. Alors je prépare pour toi un gros godemiché en fil de fer barbelé.» Beaucoup assurent que tout le monde, ou presque, «70 % des Français», tempère un monsieur, pensent comme eux.

Aujourd'hui, l'homophobie ne relève plus de l'évidence, mais d'une opinion, qui sera bientôt réprimée pénalement (2). Elle correspond toujours à une véritable «panique sexuelle», la sex panic invoquée parfois avec succès devant les tribunaux américains comme circonstance atténuante lors d'agressions homophobes. Au cours du débat public, les opposants à l'union homosexuelle ont reproché à Noël Mamère de détourner l'«institution» du mariage, de bouleverser l'ordre symbolique ou anthropologique, voire naturel. Ceux qui lui écrivent n'en sont pas à ces sophistications intellectuelles. Nulle référence au Pacs. Ni même à la politique, quand ils s'en prennent à l'élu, régulièrement rebaptisé «mamerde», c'est sur le même registre : «En tant que maire d'une commune, je peux vous dire que vous n'êtes pas un homme mais une lopette. Si vous voulez marier des pédés, c'est que vous en êtes vous-même, si vous voulez vous faire ENCULER, vous avez Troscan (Strauss-Khan, ndlr) du PS, mais vous auriez plus de plaisir avec Ségolène Royal.» Tutoiement, refoulement, le domaine de l'injure homophobe s'étend souvent à la haine de soi : «Je t'ai compris à propos du mariage pédé. Tu as besoin de voir partout deux (souligné trois fois, ndlr) hommes ensemble pour bander. C'est parce que tu es pédé sans t'accepter. D'ailleurs je sais pourquoi on est pédé et je ne te le dis pas. Va te faire foutre.»

«Et la zoophilie !»

Dans homophobie, les uns entendent «phobie», écrit le sociologue Eric Fassin : «Il s'agit du rejet, nous sommes dans le registre individuel de la psychologie.» Les autres entendent hétérosexisme : «Il s'agit cette fois de l'inégalité des sexualités, et cela renvoie au registre de l'idéologie.» Les débats sur le Pacs ont montré que les deux se retrouvent souvent mêlés. On retrouve dans ces lettres les amalgames du débat parlementaire. La zoophilie, par exemple ­ «et la zoophilie !», s'était exclamé Jacques Myard, député UMP à l'Assemblée nationale en 1998 alors qu'un député de gauche évoquait les liens homosexuels. Ou la pédophilie : dans son ouvrage le Mariage des homosexuels, Christine Boutin se demandait «où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l'homosexualité et la pédophilie ?». A la une du journal d'extrême droite Présent, le 16 mars 1999, un dessin montrait un couple d'hommes proposant à un petit garçon de l'accueillir «à draps ouverts». Dans la boîte aux lettres de Mamère, envoyé par un anonyme : «PEDE-PEDERASTE-PEDOPHILIE : voilà la trilogie de vos valeurs. Vous commencez par unir sous le vocable mariage deux êtres pervers et vous continuez en encourageant le prosélytisme de ces perversions pour atteindre les êtres les plus purs que sont les enfants afin qu'ils deviennent ce que ces soi-disant "parents" sont : des pervers.» Les courriers qui évoquent la zoophilie ont tous la particularité d'être bien rédigés, se veulent ironiques, jamais grossiers. Ce sont des gens bien élevés pour qui le mariage de Bègles ne peut pas relever de l'humain : «Pourquoi n'iriez-vous pas, d'une démarche beaucoup plus ambitieuse, vers un inestimable progrès dont les foules toujours en quête d'émotions pourraient vous être infiniment reconnaissantes, en organisant un "mariage" zoophile ?»

Comme lors des manifestations antimariage organisées le 5 juin à Bègles ­ où l'on a entendu le slogan «Les pédés en camp de concentration» ­, la rhétorique antisémite abonde. «Vous et tous les homosexuels vous ne méritez qu'une chose, le four crématoire salops fumiers.» Une autre : «Toi, le juif qui récupère à des fins électorales tout ce qui passe et surtout l'aval du mariage gay, ne t'étonne pas de la haine qui va s'ensuivre par rapport à ta religion.» Forcément homosexuel, forcément juif, Noël Mamère, à qui certaines personnes bien informées reprochent d'avoir trahi l'enseignement qu'il a reçu chez les jésuites, travaille également pour les musulmans. «Avec un individu de ce genre, nous n'avons pas de quoi être fier d'être français et l'islamisme a de beaux jours devant lui avec de tels comportements.» Signé : Comité contre les pédérastes des Yvelines. On retrouve une autre rhétorique, celle de l'extrême droite, où la dévirilisation de la France irait de pair avec l'apologie du métissage, du Noir ou de l'Arabe, la haine de la famille : «Ce Noël Mamère est le pion avancé d'un complot sournois très bien orchestré qui vise à la destruction de nos sociétés traditionnelles. Encore un effort et les couples homme-femme, déjà qualifiés d'hétérosexuels comme s'il s'agissait d'une maladie, seront culpabilisés d'avoir engendré un enfant, surtout s'il est de race blanche.» Beaucoup de messages sont signés «France du respect», «France d'abord», «pour l'Honneur de la France» ou «France j'ai honte» : «La guerre de 14-18 a été gagnée par des HOMMES et du PINARD. La guerre de 40 a été perdue par des enculés et des fils de pédés de ton espèce. Prends garde à toi, à la première occasion tu prendras une balle dans la nuque.»

«L'impression de vivre comme sous Pétain»

Des messages de soutien, Mamère en a reçu des centaines. Ils n'annulent pas les autres, mais ils restituent un peu d'humanité dans ce débat. Ces courriers-là ne sont pas tous militants, loin de là, beaucoup sont arrivés par voie électronique, peut-être envoyés par des personnes plus jeunes ou plus favorisés socialement que les autres. Mais pas toujours. Il y a parmi ces soutiens des maires de petits villages qui se fendent d'un «cher collègue» et saluent avec de «cordiales amitiés progressistes». Et aussi de vieux messieurs . «J'ai 75 ans, pensionné de guerre, père de trois enfants. Je ne suis pas homo mais je vous approuve. Avec un gouvernement comme nous avons depuis deux ans, nous avons l'impression de vivre comme sous Pétain.» L'écriture est parfois tremblante : «Je suis une petite dame de 83 ans. Je ne suis pas homosexuelle, mais la démocratie, me semble-t-il, monsieur Noël, c'est ne pas condamner et ne pas s'occuper de la vie privée des gens quand ils ne font de mal à personne.» Odette félicite le maire de Bègles et «maternellement» l'embrasse.

(1) Dictionnaire de l'homophobie, Puf, 2003.
(2) Le gouvernement a rendu public,
le 8 juin, un projet de loi réprimant
les propos homophobes et sexistes.

dimanche, juin 20, 2004

a tiny change in light.

 En quelques jours j'ai mangé beaucoup de tic-tac, regardé une nouvelle fois the L. word en divX, bu de la smirnoff ice, décidé de reprendre la carte beaubourg,  j'ai bien baisé, dormi quand j'en avais envie, réalisé que je reproduis toujours les mêmes schémas, me suis senti comme David dans six feet under (saison 3), j'ai essayé de me souvenir pourquoi l'existentialisme est un humanisme, des raisons qui me poussent à l'empathie, à toujours prendre sur moi, à me dire que la rancoeur gâche la vie, pourquoi j'essaye de rendre les choses plus simple, pourquoi j'essaye encore de prouver, pourquoi j'essaye.


 Et puis j'ai vu Dogville de Lars Von Trier, alors je me suis dis: "oui, finalement, à quoi servent les explications."


 

samedi, juin 12, 2004

hooray !


Le prince charmant


Le prince charmant

Vous êtes "Le prince charmant".
Vous êtes jeune, beau, riche, intelligent, célèbre. Vous avez tout pour plaire, ou du moins
vous réussissez à le faire croire. Tout le monde souhaite votre compagnie. Ca tombe bien, car
vous aimez être désiré. Mais vous avez parfois l'impression qu'on ne vous aime que pour votre argent.

Pour vous, la vie est simple comme un glissement de carte de crédit.
Votre blog est l'histoire de vos succès

Quel genre de pédéblogueur êtes vous ? par Ghalys

 

bilan.

 


je [ parle trop ] et j'ai du [ sex-appeal ].


 

vendredi, juin 11, 2004

I can hardly wait.

J'ai vu PJ en concert pour la première fois en 1995, je venais d'avoir 17 ans et c'était juste aprés le concert de bjork, autour de mon anniversaire. Mes deux premiers concerts.  Avec Pulp en première partie et polly en pleine période sexy-trash. Un excellent souvenir, je suis tombé amoureux d'elle ce jour là, une telle force, une telle rage mais toujours drapée de détachement, de séduction aguicheuse, de joie mélancolique. Il y a comme une urgence dans sa musique, une impression de fin du monde, une langueur effrayante des fois, une écorchure à vif, un génie du mot, un besoin d'agonie vocale qui déstabilise. J'aimerais mourir sur une chanson de PJ Harvey, j'ai failli mourir sur une chanson de PJ Harvey, en 4x4 dans la forêt amazonienne, cette année là. J'ai laissé les mots du "4-track demos" me transpercer tant de fois durant l'adolescence, j'ai écouté en boucle "To bring u my love" en traversant le Brésil de nuit, j'ai aimé que le "Stories from the city, stories from the sea" me fasse ressentir comme une envie de meurtre, une envie d'agir, une envie de mieux.


J'en veux encore, is this desire ? oui totalement.


 



"I can hardly wait

I've lost my taste
Say angel come
Say lick my face
Let fall your drapes
I'd play the part
Open this mouth wide
Eat your

Ah
I can hardly wait

Lips cracked dry
Tongue blue burst
Say angel come
Say lick my thirst
It's been so long
I've lost my taste
He Romeo
Make my waters break
                                     




Oh
In my glass coffin I am waiting."


[ radio en conséquence. ]


 

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