dimanche, juillet 17, 2011

Juillets.

 2004: It's just what I'm going through, this is nothing new, no no just another phase of finding what I really need, is what makes me bleed.

Longtemps que ma vie sexuelle n'avait pas été aussi enrichissante, oui enrichissante car elle me rappelle le plaisir que cela fait d'aimer, quelqu'un, même pour une nuit, de se sentir vivre à travers l'autre, lui donner son dernier souffle, de jouir ensemble en se regardant dans les yeux, voir dans ce regard la peur et la dévotion, l'offre de soi, une intensité haletante, de se retenir jusqu'au dernier hoquet de compréhension et finir en sueur sans un mot, le bruit des draps froissés, la respiration saccadée, rassasié. Fermer les yeux et désirer ne jamais sortir de ce moment de contentement, de plaisir, de vie.

Mais déjà la réalité, cette certitude de ne pas revoir l'autre, de ne pas vouloir ou plutôt de savoir que l'habitude prendra le dessus (ma lâcheté ?), même si je suis sincère en disant au revoir, que j'y crois vraiment à ce moment là, au moins quelques instants.

J'aimerais m'enfermer dans un cocon et ne jamais en ressortir, avoir l'impression de mourir à chaque seconde, de manquer d'air tellement... J'ai pris un couteau et me suis ouvert la main, j'ai regardé le sang, je veux que ma vie ait cette couleur là.


2005: There’s still a little bit of your taste, in my mouth.

Rendez-vous au pied du Pot à 20h, non, 20h30, non, 21h, il arrive, il est grand, il est beau, habillé tout en bleu, une jolie barbe qui se révèlera étrangement douce, des yeux rieurs, un petit nez, on prend une bière, on discute voyages et expos, il est tout mignon du haut de ses 21 ans, un petit breton brun aux yeux verts, il a oublié son portefeuille chez une amie, on marche jusqu'aux Invalides pour le récupérer, on dîne, il est vraiment mignon, on rentre, on se pose, il veut voir mes albums photos de voyages, détaille mon appart, on discute en buvant de la vodka/rhum/jus d'orange (dans le désordre), on fait l'amour toute la nuit, on reste collés malgré la chaleur, on essaye de fusionner, on joue avec nos tic-tac, toute la journée sur les draps, les fesses à l'air, il me tient la main, me serre fort contre lui, je suis bien, un peu sur mes gardes, je me prépare pour aller bosser, au milieu d'un silence il me dit nonchalamment qu'il devait voir sa copine cet aprem'. Il est en couple avec une fille, la pièce s'assombrit, je fais l'air de rien, à ce moment-là mon iPod diffuse bien à propos Candy Says de Lou Reed* interprété par Antony & The Johnsons, 'I’m gonna watch the blue birds fly over my shoulder, I’m gonna watch them pass me by... Maybe when I’m older' / traduction : Je vais regarder les oiseaux bleus voler au-dessus de mon épaule, je vais les regarder me dépasser... Peut-être quand je serai plus vieux, l'oiseau bleu est une allégorie du bonheur, donc en gros le bonheur c'est pas pour maintenant. Il me dit qu'il aimerait qu'on se revoit, veut que je lui fasse découvrir des groupes, des films, il colle son dos contre mon torse, un rayon de soleil perce les nuages et se pose sur nous, il me dit dans un souffle en me regardant dans les yeux on pourrait croire que c'est fait exprès.

2006: Tomate cerise sur anus.

Paris la nuit, sur le sol un slip et une chaussette gisent abandonnés, sur les murs Cindy de la Nouvelle Star balance ! habillée et maquillée comme une pute en solde, on mange des fraises après l'amour, l'un 23, l'autre 22, yeux bleus, yeux noisettes, la peau douce, lèvres dessinées, petit nez, beaux, il parle de théâtre, l'autre d'art contemporain, la moitié du périmètre d'un cercle, une figure de patinage artistique, mais ce n'était pas la même nuit, la journée il fait trop chaud de toutes façons, on boit du champagne pour fêter, fêter quoi, fêter le fait d'être là, on fait des tournois de baby-foot, sur les quais on regarde passer les bateaux pour touristes aux noms ridicules en prenant des poses de tableau, j'ai choisi La Jeune Fille à la Perle de Vermeer, je crois que c'est un escargot pirate, la pelouse est brûlée, les chiens courent partout, je regarde des photos de tribus africaines disparues, je suis avec d'autres gens, les mêmes souvent, on partage l'ivresse, sur le chemin du retour Descartes et moi refaisons le monde, il fait doux, je traîne, c'est là que j'ai vu la chaussette, avant d'aller me coucher ou de rédiger des pages [Wikipedia] ou d'en compléter [d'autres], regarder voler les flocons de pop-corn, ou avant, ou après, je ne sais plus quand je suis devenu potentiellement un amant plutôt qu'un mari, il faudra que tu me parle de tes voyages. Oui, il faudra. Bons anniversaires mes princesses.

2007: Like pillows.

"I was thinking about this a minute ago in the other room. How last weekend I slept with two bearded guys. One of them fucked me while the other guy blew me, I guess. They kept calling me 'that'. One would ask, 'What does that taste like ?' and 'What's the temperature inside that ?' and the other would say, 'Really great', or whatever. It made me feel weird. It made me realize I'm importante to certain people. I don't have to do anything. Being pretty or young or whatever's enough. Sometimes... I wish I could just sort of temporarily die. Guys could move me around, whatever. I wouldn't have a first name, just a surface. Like pillows. They don't have individual names. They don't mean anything, but people sleep with them.

Frisk - Dennis Cooper (p.7)

2008: Meuh.

Je bosse, je bosse, et je bosse. On m'en demande de plus en plus, jusqu'ici tout va bien (sauf si je suis viré demain) Je me suis fait une pote, mais genre une vraie pote, avec qui on raconte que de la merde, ça me permet de ne pas péter les plombs. Et puis j'ai vaguement décidé d'avoir un avenir, finalement, de monter si possible, me prendre un peu au sérieux, de gagner comme mes boss, genre 2-3 fois plus que moi, ça motive d'un coup.

Je vais en Finlande en aout finalement. J'ai acheté une housse de couette Habitat à 120€. Je mange des fast-pâtes de chez Viagio. J'écoute le dernier N.E.R.D et The Last Shadow Puppets. Je bois des bières chez Jeannette. Je prends le RER A. Je lis Non-Fiction de Chuck Palahniuk. Je ne baise plus.

Littérairement parlant, ma vie est pathétique.

2009: Fock the People, ou Hors Sujet.

On-screen, Wayne is cutting off the boy’s fingers with pliers. Dean has one fist in the boy’s butt, the other hand around the boy’s throat, and he’s sucking the boy’s limp cock like they’re in love. The boy screams or at least his mouth is wide open.
Ugly Man - Dennis Cooper

J’ai l’impression que ma vie n’est que quelque chose que je me force a faire, parce qu’on a pas le choix, j’ai envie que tout le monde m’aime et c’est épuisant, j’ai tellement envie de m’en foutre, cette nuit j’ai lu un passage du nouveau roman de Dennis Cooper : Ugly Man donné par une copine de la maison d’édition, j’avais plus internet, en écoutant The Ting Tings au casque parce que je suis amoureux du brun dans la pub Vivelle Dop, et j’ai eu envie de cette liberté, je suis obsédé par l’adolescence, le désintérêt, comme un personnage de film de Larry Clark en plus beau, si j’avais des couilles je serais tueur en série, j’utiliserai mon sexe comme un poignard, j’aime les garçons minces et trop mignon pour être réellement intéressant, ceux qui sourient avec les yeux pour pas s’écrouler, j’ai l’impression de passer mon temps à sourire, et ça m’épuise, j’en ai marre de m’excuser d’être là, toujours marcher sur des œufs, les gens aiment bien me dire ce qui les dérangent chez moi dés que je sors du cadre qu’il m’ont attribué, je suis tellement lisse que j’en devient transparent, je pense que c’est pour ça que je plais aux gamins, ils peuvent projeter ce qu’ils veulent, je me cache dans mon lit, rester seul, je me force à faire les choses en me disant que c’est en faisant que je deviendrai normal, partir en voyage c’est comme mourir à chaque fois, je suis pas vraiment moi, et c’est facile de mimer le touriste, je sais même plus si j’aime vraiment ça ou je le fais pour ne pas n’avoir plus rien, j’ai envie de fumer jusqu’à avoir l’impression de bruler de l’intérieur, je déteste cette vie que j’ai devant moi, je ne veux pas avoir peur de ne pas rebosser pour tf1, et j’ai plein de thune dont j’ai rien à foutre parce que je suis incapable de la dépenser, je sais pas pourquoi je m’empêche d’être un connard, j’aime pas être un gentil.

2010: Empire of the Sun

J'ai passé 2 semaines seul, chez mon père, coupé du monde, à manger des sorbets aux fruits rouges et du comté, écouter Empire of the Sun, regarder la fin de la coupe du monde, la saison 8 de 24, la 3 de Gossip Girl, ou l'orage, me retrouver un peu seul, ça faisait un bail. Mes travaux sont presque finis, ça a pris plus de temps que prévu, ne pouvant squatter dans l'immense et superbe appart de meilleure amie qu'une fois tout les 15 jours, pour 1 semaine à chaque fois, mais je touche au but. Et bizarrement, j'aime assez ça, descendre des gravats, faire de l'enduis, poncer, monter des meubles de cuisine Ikéa, tout ça, j'aime surtout l'état dans lequel je suis en rentrant le soir, fourbu et content de moi, rien de tel que le travail physique, de quoi se plaignent les ouvriers franchement. Je pense pouvoir terminer pour la fin de la semaine, je passe à la peinture mardi, de toute façon je n'ai pas le choix, je n'ai nulle part où squatter après, je suis confiant. J'attends toujours mon nouvel iPhone, j'ai envie de bleu canard/turquoise, j'ai arrêté de télécharger à tout va, je regarde les épisodes de séries sur Hulu.com ou directement sur les sites des chaines américaines avec un VPN, j'ai revu Cherry Lips (mois d'août 2009) pour une folle nuit, globalement je suis plutôt heureux de mon mois de juillet.


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