vendredi, mai 08, 2015

I Decline.

 Je ne regarde plus les reportages d'investigations sur le réchauffement climatique ou l'industrie agroalimentaire, je trouve cela trop sensationnel, même sur ARTE, pas sensationnel dans le sens Voici, mais qui exacerbe l'indignation. C'est comme faire un reportage sur l'Inde, on te monte la misère, les enfants qui jouent dans les rigoles d'égouts, les lépreux, c'est la réalité, mais c'est juste un angle de caméra, c'est ce qui me dérange maintenant dans le traitement de l'image, c'est toujours un point de vue, littéralement. Comme quand moi je prends une photo en voyage et j'attends que les touristes se poussent pour qu'il n'y ait personne devant la vue, en vrai il y'a des gens, et une machine Coca Cola à côté, des trucs du genre, du coup tous ces reportages sur les méfaits du capitalisme sont aussi un écran de fumée alarmiste, alors oui l'indignation est importante, mais elle est globalement stérile, on ne fait pas grand chose avec, on regarde, on est triste, alors que si on tourne un peu la caméra on voit aussi que l'on peut être heureux avec pratiquement rien, qu'il suffit d'un peu de bon sens pour choisir le truc produit localement de préférence bio plutôt que des paquets de chips OGM, que cette pression productiviste on peut se la retirer tout seul, et que l'information n'a pas à être un poids non plus. Enfin je sais pas, y'a toujours un nouveau truc désastreux et puis au final on est toujours là, avec nos petits problèmes, que la grande histoire est en marche, qu'on est juste le moyen-âge du futur, et que globalement tout ça c'est du vent. J'ai envie de ne plus avoir un avis sur tout, pour rien.

J'ai bien aimé ce TRACKS spécial sur la notion de travail. J'ai fait un don à la Croix Rouge pour le Népal, et aussi à une association locale implantée de longue date, ABARI, qui construisait des écoles et autres bâtiments de façon écolo, dans l'urgence ils montent des tentes et apportent des vivres dans les coins reculés, pour participer c'est ici. Je viens de voir que l'agence de mannequins New Madison avait son bureau juste en face de chez moi. C'est tellement étrange de voir tous ces gamins de 20 ans couverts de tatouages, j'ai l'impression qu'avant ça prenait une vie pour en avoir autant, et ça avait un minimum de sens, les gens n'arrivaient pas en demandant directement un bras entier, on y allait petit à petit, et puis c'était aussi un mode de vie, on choisissait d'être dans la marge, ça impliquait une histoire, une personnalité. Ca semble purement esthétique aujourd'hui, des gars avec la personnalité d'un caniche nain ressemblent à des artistes underground, ils ont juste choisit un look dans le catalogue internet, c'est assez troublant, un tel décalage entre le visuel et le contenu, un peu comme Lady Gaga.

1 commentaire:

Damien a dit…

J'approuve ton post sans réserves Neimad. Les médias tentent de nous maintenir dans un état émotionnel permanent alors que globalement le monde n'est pas pire qu'il y a dix, vingt ou cent ans. La différence est que maintenant on sait ou du moins on veut nous le faire savoir ...
Ton analyse au sujet des minets trop tatoués est drôle et surtout juste.

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