Hier soir, au bar des Ginettes Armées:
- Oh putain ...
- C'est quoi ce truc là ?
- Une capote ump ...
- Mais c'est pas des cathos ceux là ? La famille, les enfants, le pape ?
- Elle est rose en plus, clairement destinée aux gays.
- Attends c'est collector !
- Tu crois qu'ils ont fait des trous dedans histoire qu'on se refile le sida ?
- Faut que je lise la notice pour voir si ils te disent pas de te la foutre sur le doigt pendant que tu baises ...
- Au moins quand tu l'utilisera tu pourra littéralement dire l'ump t'a enculé...
samedi, juillet 22, 2006
Reality is an illusion created by lack of alcohol.
jeudi, juillet 20, 2006
Triple piqué sous 40° à l'ombre.
10/07/06:
"- C'est sympa la déco de ta salle de bain !
- Oui, j'ai essayé de rendre Beyrouth 90 comme style."
Comme chaque été je m'offre une amourette sans possibilité de lendemain, il est beau, vraiment beau, un nez parfait, une bouche dessinée mais masculine, une belle peau, un regard sombre et malicieux, bien au dessus de ma "ligue", j'aime regarder son corps quand il s'endort, nu, couché sur le ventre, la tête contre ma cuisse, il a un dos superbe, des fesses rebondis, les cheveux noirs et bouclés, on parle art, littérature, musique, il est de la [génération câlin], j'en profite, j'avais besoin de douceur.
Pendant ce temps là c'est la guerre au Liban depuis le 12 juillet, je suis allé chez le coiffeur aujourd'hui, et il part vivre à Boston mi août.
vendredi, juillet 14, 2006
Tomate cerise sur anus.
Paris la nuit, sur le sol un slip et une chaussette gisent abandonnés, sur les murs Cindy de la Nouvelle Star balance ! habillée et maquillée comme une pute en solde, on mange des fraises après l'amour, l'un 23, l'autre 22, yeux bleus, yeux noisettes, la peau douce, lèvres dessinées, petit nez, beaux, il parle de théâtre, l'autre d'art contemporain, la moitié du périmètre d'un cercle, une figure de patinage artistique, mais ce n'était pas la même nuit, la journée il fait trop chaud de toutes façons, on boit du champagne pour fêter, fêter quoi, fêter le fait d'être là, on fait des tournois de baby-foot, sur les quais on regarde passer les bateaux pour touristes aux noms ridicules en prenant des poses de tableau, j'ai choisi La Jeune Fille à la Perle de Vermeer, je crois que c'est un escargot pirate, la pelouse est brûlée, les chiens courent partout, je regarde des photos de tribus africaines disparues, je suis avec d'autres gens, les mêmes souvent, on partage l'ivresse, sur le chemin du retour Descartes et moi refaisons le monde, il fait doux, je traîne, c'est là que j'ai vu la chaussette, avant d'aller me coucher ou de rédiger des pages [Wikipedia] ou d'en compléter [d'autres], regarder voler les flocons de pop-corn, ou avant, ou après, je ne sais plus quand je suis devenu potentiellement un amant plutôt qu'un mari, il faudra que tu me parle de tes voyages. Oui, il faudra. Bons anniversaires mes princesses.
vendredi, juillet 07, 2006
The pride of a father for his gay son.
Mercredi matin direction Orly pour récupérer ma mère arrivant de Gwada, je passe la semaine avec elle chez mon père en banlieue, ça fait du bien de se retrouver dans la baraque de mon adolescence, d'avoir de l'espace et un grand jardin, quand je pense que c'est dans le salon de 50 mètres carrés avec baies vitrées donnant sur le jardin sans vis-à-vis que j'ai décidé d'emménager dans mon placard parisien, ça fait mal au cul. Je passe mon temps à bouffer et bouquiner de vieux Fluide Glacial au soleil. En soirée, devant un verre de vin, on se lance mon père et moi dans une de nos grandes conversations sur la politique, le monde, la façon de voir ce monde, la monté prometteuse de la gauche sud américaine, la taxe sur les billets d'avion de Chirac pour aider l'Afrique, la perte de repère sur ce qu'est l'Europe et la vision humaniste que je pouvais en avoir, du "combat" perdu d'avance face à la Chine et du besoin de trouver des solutions alternatives, tout ça pour finir sur les différences gauche-droite et la position de la classe politique sur le mariage et l'adoption homosexuelle.
C'est la première fois que j'en parle avec mon père, de l'homosexualité en général et de la mienne en exemple vécu, il me raconte que le fils d'un ami de la famille lui avait parlé de sensations qui le troublaient, de sensations anales qui lui faisaient se poser des questions. Mon père me parle alors du "choix" de l'homosexualité, il est étonné quand je lui dis être uniquement actif, dans mes fantasmes de petit garçon j'ai toujours eu l'envie d'embrasser mes petits camarades plutôt que les petites filles, dans mes désirs l'homme a remplacé la femme depuis le début, ce n'est pas uniquement physique, je l'ai toujours su, ça n'a jamais été un choix (si on enlève toutes connotations religieuses de bien et de mal). Je prenais notre bonne relation pour du on n'en parle pas donc il n'y a pas de problème, il me dit que ça ne l'a jamais dérangé que je sois pédé, qu'il n'en a jamais rien eu à foutre, il me dit que les non-dit sont aussi importants que les mots pour lui, il me dit même être fier que je sois différent, que je ne colle pas à la norme famille trop tôt-carrière-empreint-pavillon de banlieue, que je remette en question le modèle dominant, qu'il en a toujours été admiratif. Il me raconte que dans certains repas arrosés où l'ambiance devenait beauf et les discours limites il lui est arrivé de dire d'un coup "attention, je ne tolèrerai aucun propos homophobes", sans plus d'explication, entraînant un silence, comme une petite provocation, et estime n'avoir de compte à rendre à personne, que quand ses amis ou collègues lui parlent de leurs enfants, de leurs projets de mariages, de leurs carrières, et finissent impérativement par lui demander alors et ton fils il fait quoi ? il est content de répondre avec un sourire narquois que son fils glande et profite de la vie, que je suis un marginal. On parle de Bowie, de la chanson Walk On The Wild Side de Lou Reed, de la libération sexuelle de Mai 68, du mouvement Queer, des différentes façon de vivre son homosexualité, et je vais me coucher à 3h du mat, un sourire au lèvre, me répétant les propos de mon père, le fait qu'il soit fier que je sois pédé, et je me dis que je suis fier de l'avoir comme père.
{Pour rester dans le thème je pique [10 reasons why gay marriage should be illegal] chez [Coquecigrue*] avec un lien vers la vraie source bien entendu.}
vendredi, juin 30, 2006
The rose has teeth in the mouth of a beast, ou Bobby Brown et Whitney Houston dans ton cul.
Du foot, du foot et toujours du foot, c'est cool la coupe du monde, les bières en terrasse devant les matches, les 3-1 surprise face à l'Espagne, c'est l'été, il fait chaud et mon nez ne me pose pratiquement plus de problème, la nuit quand je ne sais pas quoi foutre (ou qui) je passe m'acheter des clopes aux Templiers sur Rivoli (j'essaye de ne plus fumer en journée) et vais m'en fumer une sur le pont D'Arcole en écoutant Don McLean, y'a plein de couples partout, des gays, des hétéros, c'est joli, ça me manque un peu, de toute façon je n'ai jamais vraiment été en couple dans la rue, ça m'a toujours un peu gêné les PDA (Public Display of Affection : démonstrations d'affection publiques), je trouve cela impoli, et je suis quelqu'un de poli, alors j'évite, la lune était rouge, un fin croissant rouge au dessus du Louvre, Paris est vraiment une belle ville, j'ai bien aimé comment elle a été filmé dans l'un des derniers épisodes de la saison 6 de The Sopranos, quand Carmela (Edie Falco) dit à Ro (Sharon Angela) en se baladant dans les thermes Gallo-romaines de Cluny près de la Sorbonne: "This city is so old, you think about all the people who have lived here, generation after generation, hundreds and hundreds of years, all those lives. God, it's so sad... I mean, it isn't sad, i don't know. It just makes you think, just makes you look at yourself differently. There was this one night in the hospital when it was very touch-and-go with Tony, he came out of the coma for a minute and he said, "Who am i ? Where am i going ?" at the time i didn't know what he meant, but coming here, i feel the same way. Isn't that odd?" et elle se met à pleurer. Le poids de l'Histoire, le fait de vivre dedans, et les remises en questions que cela intime. L'été, dans mon immeuble, j'entends mes voisins faire l'amour, des mugissements sexuels, prolongés et montant en puissance, jusqu'à l'orgasme, c'est l'homme que j'entends le plus (oui j'ai des voisins hétéros), et je commence vraiment à me demander si je ne suis pas un peu frigide.
Archives du blog
Layout: NeimaD 2007 © - Safari